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Riccardo Chailly dirige Brahms au pas de charge

Ce codicille à l’intégrale des symphonies de Brahms récemment parue chez le même éditeur surprendra dès les premières mesures.

La première sérénade débute en effet au pas de charge, et cette vélocité ne se relâchera pas tout au long de l’oeuvre. Dans son intéressant texte de présentation, justifie en effet le choix de tempos inhabituels par leur rapidité en se référant tant aux indications de la partition elle-même qu’à l’enregistrement de sir qu’il considère comme exemplaire (une démarche désormais récurrente chez le maestro italien,  soucieux de légitimer ses choix par des antécédents historiques).

Le résultat impressionne par sa virtuosité étourdissante, qui ne désarçonne pas le Gewandhaus pourtant soumis à rude épreuve ;  l’effectif réduit répond avec une parfaite fluidité aux exigences de son chef. On tire en particulier son chapeau aux cornistes éblouissants de justesse et d’élégance. Toutefois, si on peut se laisser emporter par ce tourbillon frénétique, cette recherche permanente de brio finit par lasser et fait perdre de sa saveur rustique à cette partition assez singulière chez Brahms. On aimerait respirer davantage… A titre de comparaison,  l’excellent enregistrement du regretté sir prenait quinze minutes de plus pour les deux sérénades et leur conférait une couleur pastorale plus séduisante in fine que cette démonstration qui laisse l’auditeur admiratif mais groggy. Les teintes automnales de la deuxième, avec son orchestre sans violons s’adaptent mieux sans doute à la conception de Chailly. Plus intérieure et lyrique, l’œuvre qu’il rattache non sans pertinence à Mendelssohn bénéficie cette fois des sonorités mordorées du Gewandhaus. Un disque passionnant mais à moitié convaincant.

 

 

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