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Le Sacre par Gallotta à la Philharmonie

Pour ce week-end consacré à la danse, la Philharmonie de Paris a confié au chorégraphe une soirée autour du Sacre et de ses révolutions. A la baguette du Brussels Philarmonic, Michel Tabachnik.

Il y a des similitudes entre Le Sacre du Printemps et Jonchaies, de Iannis Xenakis, qui ouvre ce programme danse à la Philarmonie. L’énergie primitive et éruptive dans les cuivres et les percussions, la stridence des flûtes, l’étrangeté des trombones… tout ce qui fascina Xenakis dans cette œuvre saisissante. fait son miel de cette similitude, en opposant garçons et filles, en choisissant des élus et en jouant sur les ruptures de rythme et les failles (au sens propre) de la musique. Les danseurs de Gallotta, filles sauvages et longilignes, garçons au style brut, conviennent parfaitement à cette lecture.
Pour le solo en hommage à Angela Davies qui suit, sur Six pièces d’Anton Webern, la soliste Ximena Figueroa revêt perruque afro et tunique 70’s. Un solo introspectif où la militante des droits civiques américains s’efface au profit de la femme, sensible et meurtrie.

Après l’entracte, place au Sacre du Printemps, magistralement exécuté par le Brussels Philarmonic. Son interprétation est pleine de rondeur et d’onctuosité, mais sait atteindre la puissance aux moments clés de l’œuvre. La version dansée de Gallotta est clairement mixte. Hommes et femmes y sont confondus, en jeans de couleur et soutien-gorge assortis. Le vocabulaire chorégraphique est peu technique, basé sur des déplacements rapides, des coups de pied en l’air et des passages au sol. Simple, il est très expressif, tout comme la direction de Michel Tabachnik, qui fait sortir du Brussels Philarmonic des couleurs chaudes et harmonieuses.

La soirée, dans le cadre enveloppant et rassurant de la Philarmonie 1, est un véritable succès et appelle à d’autres coproductions entre la maison et des chorégraphes invités.

Photo : © Paul Allain

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