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Malinconia : plongée superficielle dans la mélancolie nordique

Sous le très beau titre de « Malinconia » nous nous attendions à voguer sur les flots de la déréliction, du rêve attristé, du départ irréversible.

Certes la pièce éponyme (initialement nommée fantasia) qu’écrivit après le décès de sa plus jeune fille Kirsti frappée par la fièvre typhoïde porte les marques douloureuses de la disparition de l’être cher sans pour autant se complaire dans un pathos pourtant largement justifié. Malinconia pour violoncelle et piano date de 1901 et la retenue que le compositeur impose à sa partition correspond sans doute à sa pudeur naturelle et à ses facultés d’intériorisation. D’ailleurs, il n’évoqua verbalement que très exceptionnellement le souvenir de sa sixième fille. On sait également que la très célèbre Valse triste, extraite de la musique de scène pour Kuolema (La Mort), pour cordes et percussions, de son beau-frère Arvid Järnefelt, air aussi original qu’énigmatique, fut très souvent adaptée et arrangée pour toutes sortes de combinaisons instrumentales. Sibelius qui avait vendu pour une bouchée de pain sa musique regretta sa vie durant, financièrement, de l’avoir abandonnée si facilement.

Hormis sa Sonate pour violoncelle et piano en la mineur (1883), les autres pièces d’, aux mélodies et atmosphères bien connues des mélomanes, résultent ici d’arrangements de numéros de Peer Gynt et de Dernier Printemps. Malgré les qualités de ces musiques originales ou adaptées aux deux instruments de cet enregistrement, il ressort une impression indéfinissable faite de facticité, de prosaïsme, de remplissage. On ne saurait remettre en question les qualités interprétatives de et ; cependant le timbre du violoncelle nous paraît excessivement disgracieux par moments, rugueux voire désagréable tandis que le piano semble souvent courir après le bon placement. En tout cas d’autres interprétations plus anciennes prouvent la possibilité et la nécessité d’une lecture plus en conformité avec l’esprit premier de ces belles (mais secondaires au total) musiques de deux des plus grands romantiques de leurs contrées septentrionales respectives, le Norvégien Grieg et le Finlandais Sibelius.