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Villa-Lobos, poète symphoniste et coloriste

Nouvelle réussite des Brésiliens dans leur aventure symphonique dédiée à Villa-Lobos.

Le chef d’orchestre brésilien et l’Orchestre de São Paulo poursuivent leur intégrale des Symphonies dont nous commentons ici le quatrième volume. Il constitue le point médian de cette somme dont il nous propose l’ultime symphonie. Composée en 1957, cette partition est une belle synthèse de l’art d’un compositeur toujours aussi brillant orchestrateur et génie des alliages instrumentaux et du contrepoint. Il n’empêche contemporaine du Marteau sans maître de Pierre Boulez et  de Pithoprakta de Xenakis, cette partition est un regard nostalgique sur le passé.

Changement de registre avec  Uirapuru, hymne d’amour de jeunesse, moderniste aux couleurs du Brésil, « popularisé » par Leopold Stokowski. En à peine vingt minutes, la palette orchestrale de Villa-Lobos se déploie dans un geste qui n’a rien à envier au Stravinski du Sacre du printemps. Complètement inconnue, la cantate profane Mandu-Çarárá, contemporaine d’Uirapuru, poursuit dans cette veine en convoquant un immense effectif orchestral renforcé d’un chœur d’adultes et d’enfants. Cette partition se conclue par une transe musicale rythme et endiablée.

La performance de l’Orchestre brésilien et de son chef est, comme à l’accoutumé, un modèle du genre.