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Les sons suaves des cordes de boyaux par le Quatuor Cambini-Paris

Dans le cadre du cycle « Suites françaises », qui met à la lumière le dialogue de compositeurs français du tournant entre les 19e et 20e siècles avec leurs prédécesseurs,  le propose un pont entre l’auteur du Désert et le maître viennois.

Entre Mozart et , saint-simonien et orientaliste, on ne voit pas tout de suite le lien qui les unit. En fait, c’est par l’intermédiaire de son professeur, (1770-1836) qui s’était lié d’amitié avec Beethoven quand il vivait à Vienne, que David découvre les quatuors de ce dernier ainsi que ceux de Haydn et de Mozart. Il a attendu longtemps pour s’attaquer à ce genre, puisque son premier opus dans ce domaine date de 1868, un an avant son entrée à l’Institut au fauteuil de Berlioz.

Commencer le concert par les « Dissonances » est, pour les oreilles, une excellente initiation aux instruments d’époque aux cordes de boyaux jouées avec des archets originaux de la fin du 18e siècle. L’étrangeté harmonique de l’« Adagio » introductif du premier mouvement, renforcée par une sonorité peu habituelle de ces cordes, donne une sensation de voyager dans un monde lointain, mais dès l’« Allegro » qui suit, on goûte pleinement au son chaleureux des cordes naturelles. Leur résonance est certes moins puissante que celle des instruments modernes mais que c’est harmonieux ! C’est un Mozart à la fois grave et léger, en excellente adéquation entre le style et le son, un vrai plaisir.

Dans le Quatuor n° 1 de David, cette harmonie est encore davantage renforcée, l’ensemble sonne de mieux en mieux, dans une interactivité heureuse. L’interprétation souligne le caractère intimiste du quatuor, notamment par le jeu de nuances variées plutôt que par celui de la dynamique. Entre l’« Allegretto » initial d’un ton sérieux et le final joyeux à caractère populaire, on entend l’« Andante » au thème très vocal, et le scherzo agité mais bien cadré ; les quatre musiciens font ainsi ressortir toute la spécificité de chaque mouvement. Ici aussi, c’est un bonheur de premier ordre.

Crédit photographique : (c) Franck Juery/Naïve