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Romain Leleu au festival de Chambord

Cette année, pendant la première quinzaine de juillet, se tenait à Chambord la 5e édition du festival.

Le soir tombe sur le château de Chambord. Dans la cour qui commence à fraîchir s’en vont les derniers d’une longue série de visiteurs. Mais ces murs vénérables connaissent peu de répit. À peine les caisses ont-elles fermé que déjà les premiers spectateurs, occasionnels ou habitués du festival, franchissent la porte cochère et prennent place sous la bâche transparente qui laisse admirer la silhouette protectrice des tours et des galeries. Bientôt, 20 heures sonnent au carillon de l’église ; en s’excusant presque de troubler la sérénité vespérale, le responsable de la programmation culturelle du château souhaite à tous la bienvenue, salue spécialement la présence, dans le public, de , la directrice musicale du festival, puis s’efface devant les musiciens.

est déjà connu à Chambord, où il a interprété il y a trois ans la partie de trompette du Concerto pour piano n° 1 de Chostakovitch. Cette fois, il vient accompagné des musiciens de l’, un quintette à cordes qu’il a formé autour de lui afin de mieux explorer le répertoire de son instrument – de ses instruments, devrait-on plutôt dire, puisque entre ses mains, la trompette apparaît aussi sous l’espèce du bugle et du cornet.

Musique savante ou musique populaire ?

Le programme de la soirée est intelligemment structuré. Deux parties se font écho, et chacune d’elle est pensée comme une démonstration de l’étendue des possibilités de la trompette. La progression du lyrisme vers la virtuosité, entrecoupée d’un intermède aux cordes seules (d’abord les deux derniers mouvements de la Simple Symphony de Britten, puis l’Adagio for strings de Barber), est de nature à séduire.

Noblesse oblige, la musique savante tient une large place dans ce concert ; néanmoins, l’ensemble est surtout à l’aise dans un répertoire d’expression plus directe et généreuse, tel que l’offrent les musiques d’Ennio Morricone (dans Cinéma Paradiso) ou les tangos d’. Le jeu de la trompette s’y fait plus coloré, plus vif – et l’on y découvre également la personnalité de Manuel Doutrelant, dont les arrangements, aussi bien que les adresses au public, regorgent de facéties.

Ce concert, et la programmation tout entière du festival, où les Sonates de Brahms par le duo Capuçon-Angelich côtoient une soirée intitulée « De l’Espagne à Cuba », sont caractérisées par l’éclectisme. Une orientation valable, du moins tant que les professionnels de la musique, en cette heure où l’on exige tant d’eux, n’oublient pas de se fier à la boussole de leurs goûts ou de leurs affinités profondes.

Crédits photographiques : et l’ à Chambord; vue d’ensemble (c) Domaine national de Chambord