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Musique de chambre à La Foce en Toscane

Après John Eliot Gardiner, qui avait ouvert le festival Incontri in terra di Sienna (Rencontres en terre de Sienne) le 25 juillet, avec une suite de Madrigaux de Monteverdi, chantés par le chœur de son Academia Monteverdiana, a chanté, déclamé presque, le Winterreise, le 26, acccompagné par , dans le ravissant teatro degli Avvolaranti de Citta della Pieve.

L’intimité du petit théâtre accentuait encore le côté cabaret berlinois de l’interprétation de Bostridge, dont la voix passe sans transition de l’ombre à la lumière, de la grimace à la fièvre.

Le 29, lors de leurs deux concerts, le a interprété quatre des cinq derniers quatuors de Beethoven. Un ordinateur au lieu d’une partition devant chacun, les violonistes Nicholas Kitchen and Kristopher Tong, l’altiste Mai Motobuchi et la violoncelliste Yeesun Kim du , ont joué en ouverture, la grande Fugue en Do dièse mineur du Premier livre du Clavier bien tempéré. Sans aucune pause, comme s’il s’agissait d’un même morceau, ils ont enchaîné sur le Quatuor op 131, le préféré de Beethoven, dit-on. Et c’était bien la même malléabilité du son, qui tenait ensemble Bach et Beethoven, et une interprétation à la fois lyrique et profonde, qui donnait du sens à la musique. Le Quatuor 132 qui suivait était à la hauteur. Le lendemain, l’émotion surgissait à l’écoute de la Grande fugue op 133, pourtant complexe et dense.

Le 31 juillet, le dernier concert avait lieu à La Foce, au piano, Domenico Nordio, violon, Ettore Causa, alto et Antonio Lysy, directeur artistique de ces Rencontres, violoncelle. Un quatuor de Mozart K 493, délicat et précis, suivi d’une Sérénade de Dohnànyi aux tonalités mouvantes, parfaitement à mi chemin entre Mozart et Brahms dont le programme proposait en deuxième partie, le quatuor op 25.

Les Incontri in terra di Sienna (Rencontres en terre de Sienne) ont été créées par le violoncelliste Antonio Lysy en 1989, alors que celui-ci finissait tout juste ses études de musique. Le cœur de ces rencontres est la merveilleuse maison de famille, La Foce et ses jardins hantés par l’âme de sa grand mère, l’écrivain Iris Origo, et d’autres lieux inspirés des alentours.

Crédit photographique : Paul Flanagan

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