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Le Quatuor Modigliani en Europe centrale

Le , que l’on connaissait dans le répertoire classique et romantique, aborde avec ce disque les compositeurs de l’Europe centrale. Les quatre musiciens donnent à chacune des trois œuvres, de factures fort différentes, un caractère vivace.

Composés respectivement en 1893, de 1915 à 1917, et en 1926, ces trois quatuors sont réunis sous le signe du folklore. D’abord le folklore américain, chez Dvořák comme on le connaît, et dans une moindre mesure chez Dohnányi, qui introduit discrètement quelques éléments de mélodies populaires dans cette œuvre nettement postromantique. En effet, Dohnányi séjourna à plusieurs reprises aux États-Unis avant son installation définitive, où il enseigna à partir de 1949 à l’université d’État de Floride. Il y écrivit des pièces inspirées de chansons populaires et du jazz, comme Américain Rhapsodie (1953). De 1919 à son départ en Amérique, il fut directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Budapest où il joua entre autres des Kodály et Bartók, notamment la suite du Mandarin merveilleux. En tant que pianiste, Dohnányi fut interprète de la Sonate de Liszt tout comme Bartók, et créa Burlesques et les Quatre Nénies de ce dernier. Chez Bartók, le folklore est hongrois et traité de manière extrêmement savante et souvent austère.

L’expression du est toujours marquée par le raffinement. La vivacité et l’ardeur, la passion et l’exaltation, voire la barbarie, sont bien là, autant que l’introspection et le lyrisme poétique, mais même au moment le plus sévère des partitions, ce raffinement ne le quitte jamais. Cela confère noblesse et élégance à ses interprétations. La joie de vivre pour Dvořák, une angoisse entrecoupée d’apaisement pour Bartók et une épopée romanesque pour Dohnányi, voilà les mots qui nous viennent à l’esprit en écoutant ce disque de référence, réalisé avec grand soin, autant pour l’interprétation que pour la prise de son nette et claire.

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