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L’organiste Henri Mulet révélé par Virgile Monin

Compositeur organiste quelque peu oublié, a cependant produit des pièces d’orgue digne d’intérêt, inspirées par le Sacré-Cœur de Montmartre à Paris qu’il fréquenta assidûment une partie de sa jeunesse, son père y étant alors maître de chapelle. Virgile Monnin révèle à nous cette musique fidèle aux grands symphonistes du tournant de siècle.

Ce disque est l’aboutissement d’une aventure dont se confie dans le livret Yvette Carbou, productrice du label FY & Soltice. Après 13 années de recherches, cet enregistrement voit enfin le jour. Il fallu faire le choix d’un organiste, d’un orgue et rassembler certaines partitions parfois introuvables. Après de nombreuses tergiversations, le projet pris corps et se fixa sur le choix d’un orgue adéquat au répertoire : Le Cavaillé-Coll du Sacré-Coeur, jadis construit pour le château d’Ilbarritz. Cet orgue monumental et bien préservé n’offrait pas de possibilités d’enregistrement vu son état actuel assez déficient et une disponibilité quasi impossible. Aussi le choix se porta sur le magnifique orgue Puget de l’église de la Dalbade à Toulouse qui après une récente restauration réussie de Gérard Bancels, demeure l’un des plus beaux témoins intacts et en parfait état de marche de cette grande dynastie de facteurs toulousains.

L’œuvre pour orgue d’ est dominée par un cycle intitulé Esquisses byzantines, en hommage à la basilique de Montmartre. Dix pièces de belle écriture, capables de rivaliser avec les grands cycles des compositeurs de son temps (Vierne, Boëlmann ou Widor). Chaque pièce apporte un climat, une ambiance, depuis Nef, Procession, jusqu’à Campanile ou In Paradisum. Le recueil s’achève par une Toccata « Tu es petra » de la plus belle facture, un sommet de son art.

A distance de ce célèbre cycle, Mulet compose d’autres pièces dont un Carillon-sortie, fameux morceau de bravoure encore très joué dans les pays anglo-saxons. Après la version discographique de l’organiste anglais à qui l’on doit d’avoir fourni pour cette enregistrement certaines partitions manquantes, le présent enregistrement tient lieu de référence moderne. Les qualités de l’orgue de la Dalbade de Toulouse, dans une acoustique amplifiante et enrobante, que la prise de son contient à merveille, nous sont révélées ici par l’approche construite et inspirée de Virgile Monnin. Son jeu est solide, sobre et posé et fait mouche aussi bien dans les pièces méditatives que virtuoses.

Voilà le chainon manquant entre les derniers symphonistes et les premiers modernes enfin révélé ici pour enrichir notre connaissance sur une époque bien changeante en matière de musique d’orgue.