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Hommage déséquilibré de L’0iseau-Lyre au classicisme et au 1er romantisme

Ce somptueux coffret de cinquante CD rend hommage aux gravures de L’Oiseau-Lyre consacrées aux maîtres du classicisme et du premier romantisme; dommage qu’une place démesurée soit donnée à l’intégrale (très moyenne) des sonates de Beethoven par Malcolm Binns, là où l’on eût aimé retrouver les gravures symphoniques et concertantes de .

Cet énorme coffret composé en suivant la chronologie des compositeurs retenus rend essentiellement hommage à , décédé l’an dernier, et à son academy of ancien music. Il s’ouvre avec l’ère classique et deux très beaux enregistrements d’œuvres rares de Boccherini et Stamitz (superbe symphonie pastorale avec ses cors…). Vient ensuite ce qui à notre sens constitue le sommet du coffret, un splendide florilège d’enregistrements de Haydn, dominés par quatre belles symphonies, de magnifiques concertos pour violoncelle avec , la création chantée en anglais et surtout une splendide réalisation de l’Orfeo avec une brillantissime Cecilia Bartoli. Le second bloc tourne autour de Mozart, avec trois symphonies, de beaux concertos, de la musique de chambre et le Cosi enregistré à Drottnigholm sous la baguette d’Arnold Östman, vivant mais non sans brusquerie. Certes de belle tenue, cette partie du coffret est cependant moins homogène, et donc moins convaincante, que celle dédiée à Haydn. Naturellement vient ensuite Beethoven ; si les 3e et surtout 9e symphonies ne sont pas particulièrement marquantes (surtout la symphonie chorale qui combine superficialité et lourdeur, un franc ratage), on s’étonne surtout de retrouver l’intégrale des 32 sonates pour piano par Malcolm Binns, une intégrale très honorable certes mais dont la réédition n’était pas indispensable et qui tient à elle seule dix CD du coffret. Il eût été tellement plus opportun de nous rendre d’autres gravures symphoniques de Hogwood (rappelons qu’il a laissé des intégrales Beethoven et Mozart et entrepris un cycle, jamais achevé pour raisons budgétaires des symphonies de Haydn) ou les autres opéras de Mozart !

Viennent enfin les premières franges du romantisme, Schubert, Weber et Mendelssohn avec quelques petites merveilles comme ces sonates pour violoncelle et piano de Mendelssohn par et Patrick Cohen, Liszt enfin avec un récital très oubliable à nouveau de Malcolm Binns. Au total, accompagné d’un monumental livret qui détaille l’histoire des éditions de L’Oiseau-Lyre, voici un ensemble somptueux mais qui souffre de son hétérogénéité et érige une somme malheureusement déséquilibrée. Compte tenu de l’ambition du sujet, c’est assez dommage…