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Du rire et des bêtes par José Montalvo

Un conte chorégraphique au mystérieux titre Asa nisi masa à la Maison de la danse de Lyon. Un bestiaire classe et une enfance retrouvée à volonté chez .

La formule est empruntée à un souvenir d’enfance du personnage de Mastroianni dans Huit et demi de Federico Fellini. Elle renvoie au rituel du jeune Guido et d’une petite fille, telle une incantation magique, accompagnée d’une gestuelle, que le public est invité à faire en chœur, puis refaire par les hommes, puis par les femmes, sur le modèle proposé par les danseurs. Asa nisi masa ferait surgir les rêves et ici tout un bestiaire fantastique, des vrais animaux de zoo filmés en fond vidéo aux peluches rigolotes intervenant dans le spectacle.

Sur des thèmes entrelacés dont le chorégraphe a le secret, surgissent Don Quichotte et Sancho Panca, les moulins en fond, chacun cherchant à être l’autre, les danseurs s’interpellent et s’entrechoquent tout en délicatesses confondues, comme dans ce moment pur où par couple ils viennent s’enlacer devant un animal faisant une grosse bulle de malabar tandis qu’elle éclate au moment où le couple se sépare, un régal pour les yeux et la gestuelle, un fou rire pour les enfants qui peuplent la salle, émerveillés.

Souple et subtil

De la grotte de Lascaux où courent les chevaux sur la paroi à des tableaux découpés par couleur au panneau apporté par une cigogne en vidéo toujours, nous passons du bleu au vert, puis au blanc; avec bonheur, dans ce monde fantastique où l’enfant est roi de son imaginaire, et où les panthères nommées zaza sautent docilement sur le socle du dompteur en image, le danseur-comédien-circassien tout à coup, « pour de rire ».

Bref c’est un bestiaire ensoleillé que nous propose José Montalvo ! Un nid de jeux de mots ou de pas chassés pour , magnifique dans sa parfaite maîtrise classique, tandis que ses acolytes poussent la claquette ou le hip hop à la perfection. Ces mélanges de danses métissées s’allient à ravir au propos, de l’ultra moderne attitude à la classique intemporalité. C’est une éternité d’enfance retrouvée qui jaillit et construit un petit nid douillet de pépites de danse, comme on aime en savourer en ces matins de nouvelle année, quand le soir tombe trop vite et que 2015 laisse planer son ombre peu enchanteresse.

Crédit photographique : Asa nisi masa de (c) Patrick Berger

 

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