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La musique polonaise pour orchestre à cordes

L’album « La musique polonaise », attendu par les mélomanes depuis quelques années, est enfin disponible. Cela valait la peine de l’attendre puisqu’il contient des compositions pour orchestre à cordes importantes, dont l’interprétation est en tous points remarquable.

On entendra d’abord la Sérénade op. 2 de , compositeur mort prématurément dans un accident dans les Tatras. C’est un chef-d’œuvre post-romantique, élaboré cinq ans après la célèbre Sérénade d’Edward Elgar pour le même instrumentarium et qui conjugue la nostalgie, le pathos et la noblesse avec la douceur et la légèreté du trait, mais aussi avec une certaine dose de dramaturgie.

Sous la baguette de , la prestation repose sur un art subtil des coloris et de la souplesse des phrasés. Tout semble ici couler de la même source : l’intensité de la chaleur et de l’expression, la mise en relief des différents accents et plans mélodiques, la fluidité des tempi (dont la réalisation n’est pas toujours le reflet des indications de la partition), le respect des rythmes, ainsi que l’articulation qui ne manque jamais de précision exacte.

La Sérénade de Karłowicz est suivie par une oeuvre de musique contemporaine, à savoir le Concerto pour violoncelle écrit en trois mouvements, en 2001, par lui-même. On trouve ici des échos de l’école polonaise : de l’œuvre de , Grażyna Bacewicz, et Henryk Mikołaj Górecki. La composition est intéressante du point de vue du soliste : riche en changements de rythme et d’intensité, et empreinte d’une beauté sombre et hypnotique des mélodies. Dorota Woźniak-Mocarska excelle dans cette partition comme soliste, surtout par la vigueur et la profondeur des sonorités.

L’Étude de présente ici un large éventail de couleurs et d’humeurs, et semble plus monumentale que l’original, tel un Adagio pour cordes de , avant tout en raison du tempo relativement lent, d’un jeu ample et des phrasés larges bien maîtrisés. L’interprétation des Cinq mélodies populaires pour orchestre à cordes de , élaborées en 1952, met en lumière la simplicité des thèmes, mais aussi la complexité des rythmes.

À la fin, on entendra le fameux Nocturne en mi bémol majeur de Chopin. L’ambiance de l’œuvre hésite dans cette prestation, avec Wojciech Proniewicz comme soliste, entre douceur et mélancolie. La sonorité de son violon pourrait être un peu plus dense, toutefois on se contentera de sa musicalité, mettant en valeur la beauté et la limpidité de la composition.

Voici l’un des disques les plus significatifs dans le paysage de la Pologne de ces dernières années.

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