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À Paris, la danse se pratique aussi en amateur

Alors que la dernière née vient d’être inaugurée sous la Canopée des Halles, les Maisons des Pratiques Artistiques Amateurs parisiennes accueillent chaque année des centaines de danseurs amateurs. Restitution du travail dans les ateliers à l’occasion des Denses Journées de la Danse.

C’est un festival pas comme les autres : il est consacré à la pratique amateur de la danse. Les Denses Journées de la Danse réunissent en effet ce printemps quelques dizaines d’interprètes amateurs pour des spectacles conçus sous la houlette de chorégraphes professionnels.

A l’œil nu est une proposition de , danseur de la compagnie Olivier Dubois, pour une vingtaine de danseurs amateurs, sur une musique originale de . Le chorégraphe a composé un spectacle plein d’énergie, bouillonnant et tonique, dans lequel les interprètes se lancent à corps perdu. Organiques, inspirés du modern jazz ou de la danse africaine, les mouvements demandent aux danseurs un engagement physique total. Portés, roulades, accumulations se succèdent, laissant les interprètes en nage. Dans les moments de calme, on voit émerger de l’amas de corps en jean slim et chemises cintrées des bras et des cheveux en pétard.

Si l’excès d’enthousiasme et le manque de précision de la chorégraphie de conduit parfois à une impression brouillonne, ce n’est pas le cas du spectacle donné dans les mêmes conditions le week-end suivant, Au suivant !, de . Alternance de saynètes théâtrales et de scènes de groupe dansées à l’unisson, ce spectacle propose une mise en espace rigoureuse. La chorégraphe a travaillé avec les participants de l’atelier de création de la MPAA pour faire émerger des personnalités singulières et des histoires originales qui forment la matière de ce généreux spectacle. De l’enfant indigo à Christophe, le trans ; d’Annick, la sexagénaire en colère à Louis-Edouard, le manager qui ne remplit pas ses objectifs, la galerie de portraits proposée par la chorégraphe et ses interprètes sent le vécu, ou du moins, l’observation minutieuse des caractères de la société.

Entre chaque série de saynètes, des parties dansées à l’unisson proposent une forme de cohésion de groupe, même si les mouvements engagent uniquement le haut du corps sans proposer de véritables rencontres entre les interprètes.

Deux exemples qui témoignent de la vitalité de la scène amateur parisienne en matière de danse.

Photo : © Lorenzo Brondetta

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