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Leoš Janáček et Marc Monnet en miroir par les solistes de Court-Circuit

De belles œuvres à l’affiche, un format de concert idéal et pas de changement de plateau ! Dans l’acoustique chaleureuse de la Salle Cortot, tout concourait à la réussite de ce premier concert de la nouvelle saison de Court-Circuit.

Initiée en 2014, sa série « en miroir » propose, au sein du concert, de croiser deux univers, celui d’un compositeur vivant choisissant un compositeur du passé en qui il reconnaît une certaine ascendance, musicale ou affective : ainsi s’est-il tourné vers dont deux ouvres en duo enserrent son Trio n° 2.

et au côté de dans Pohadka pour violoncelle et piano du maître tchèque, sorte de poème musical où le compositeur exerce sa verve rythmique et ses talents de coloriste dans une forme admirablement ciselée. L’œuvre est aussi fraiche qu’intimiste dans l’interprétation épurée et sensible des deux interprètes en parfaite euphonie.

La musique de s’adresse à l’imaginaire, via une trajectoire pleine d’inattendu, d’étrangeté, de tension subite, d’émotion vite effacée. Son Trio n° 2 pour violon, violoncelle et piano en six mouvements met constamment l’oreille à l’affût : roborative et intrigante (Noire = 84), l’écriture se complexifie (Follement rythmique) et devient théâtrale et facétieuse (Etrange, silencieux). Elle se crispe jusqu’au cri (Sunt lacrymae rerum) avant de s’abandonner, fragile et minimale (Très subtil, comme un rêve ). L’œuvre est riche, concentrée et essentielle, superbement servie, avec une égale rigueur et une même assurance du geste chez les trois musiciens – , et – complices et irréprochables.

C’est la violoniste , en duo avec Jean-Marie Cottet, qui est sur le devant de la scène dans la Sonate de . Le violon y déploie un certain lyrisme mais sans épanchement cependant, le discours restant toujours concis chez un compositeur hostile au développement. Les deux derniers mouvements sont plus proches du melos populaire et de la stylisation rythmique si singulière du compositeur. Alexandra Greffin-Klein en restitue le grain et l’authentique couleur tandis qu’on apprécie le toucher délicat et le geste économe de Jean-Marie Cottet instaurant tout du long un juste équilibre sonore.

Crédit photographique : Olivier Roller