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La fête se partage, selon Paulo Ribeiro, à Chaillot

Créé au Portugal la nuit des attentats du 13 novembre 2015, La Fête (de l’insignifiance) est une fresque douce-amère et participative, hommage ensoleillé à la fête et à la musique brésilienne.

est un chorégraphe au parcours atypique : danseur, puis chorégraphe pour de grandes compagnies européennes, il ne crée sa propre compagnie qu’à la maturité, dans un désir de partage et de retour à son pays natal, le Portugal. La quête de ses racines, explorée dans certaines de ses pièces précédentes, se double aujourd’hui d’une nostalgie de son adolescence, baignée des standards de la Musique Populaire Brésilienne.

Pour La Fête (de l’insignifiance), il a puisé dans le répertoire expérimentaliste de , nourri aux rythmes de la samba et du tropicalisme. Sa Fête, à l’instar d’autres pièces chorales et joyeuses de , réside toute entière dans l’énergie et la complicité des interprètes. Décontraction et saudade, cette nostalgie typiquement portugaise, font bon ménage sur scène, entre mélancolie des heures déjà vécues et espoir de celles restant à vivre. Le mix de ces deux sentiments ambivalents crée une alchimie rare et généreuse, que les interprètes ont plaisir à partager avec le public.

Car cette pièce est véritablement participative. À plusieurs reprises, la salle est invitée à reproduire des mouvements qui lui sont indiqués par une ou un meneur de jeu : inspirer/expirer, faire une rotation du buste ou des épaules, imiter le geste du joueur de maracas ou mimer un frisson de peur ou d’étonnement. Le public répond à 100 % et se laisse embarquer dans la proposition, ravi d’avoir pris part, lui aussi, au spectacle. Entre plaisir d’offrir et joie de recevoir, c’est une manière profondément humaniste de voir la danse.

Photos : © José Alfredo

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