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Douceur et volupté dans Chopin avec le jeune Seong-Jin Cho

Pour sa deuxième version au CD du premier Concerto pour Piano de , le jeune Seong-Jin Cho trouve une grâce rare, d’une délicatesse à l’opposé de la plupart des pianistes sortis d’écoles de Corée, souvent machines à musique agiles mais rarement incarnées.

Du haut de ces vingt-deux ans, il livre dans son premier enregistrement studio pour Deutsche Grammophon une magnifique version des quatre Ballades, dans la continuité de celui qu’il avoue admirer plus que tout dans ces œuvres, Krystian Zimmerman.  Le Concerto est malheureusement plombé par la direction inadaptée du chef italien .

Parmi les jeunes premiers du piano lancés chaque année, il est probable que celui-ci reste quelques années, voire même quelques décennies sur la scène internationale, s’il garde cette ductilité dans le doigté. L’ouverture symphonique du Concerto choque par tant de lourdeur, assez incompréhensible de la part d’un chef de la qualité de Noseda, accompagné du très souple . Quelques passages retrouveront plus de volupté, aux violons au milieu de l’Allegro maestoso (10’), ou lors de la coda (20’). Mais jamais le chef ne semble trouver la clé pour développer le romantisme de l’œuvre, laissant toute la sensibilité au pianiste.

Dès son entrée, le toucher de ravit, laissant transparaître une maturité impressionnante dégagée de toute tentation d’impressionner. Il nomme pour mentor Zimmerman et en effet c’est vers le polonais qu’il est possible de se tourner pour évoquer l’impériale capacité à exalter cette musique si complexe. La Romance démarre là encore trop soulignée à l’orchestre, mais le piano (1’05’’) vient contrebalancer cet effet grâce à une finesse empreinte d’émotivité ; le Rondo trouvera la même disparité.

Pour clore, les quatre Ballades impressionnent elles aussi, et si elles sont redevables au mentor polonais pour leur expression du sentiment, ce n’est jamais ici une imitation servile, mais bien une capacité émotionnelle personnelle de , particulièrement développée dans l’opus 23. L’opus 47 pourra sembler presque trop léger mais la dernière pièce, magnifique opus 52 en fa mineur, est d’une formidable volupté. Abstraction faite de l’accompagnement orchestral, voilà un magnifique CD que tout passionné de Chopin doit absolument écouter !