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Debussy de main de maître, avec le San Francisco Symphony

Le consacre un album somptueux aux œuvres orchestrales du dernier Debussy.

, au fil de sa désormais longue carrière à la tête du San Fransisco Symphony, a abordé bien des répertoires, mais il revient régulièrement, et avec un égal bonheur, à la musique française. C’est impatiemment que l’on attendait au disque un témoignage de cet attachement, après des séries consacrées à Malher et à Beethoven, et le résultat, en cet album Debussy, dépasse toutes les espérances. Servi par des enregistrements live d’une qualité technique éblouissante, l’orchestre se hisse, de toute évidence, au niveau des plus grandes références de la discographie.

Il suffit d’écouter Gigues, la première pièce des Images, pour comprendre à quelle réussite on a affaire. En lecteur soigneux des partitions, Tilson Thomas choisit ses tempi au plus proche des indications de Debussy : après une introduction délicieusement alanguie, mais sans rien en elle qui pèse ou qui pose, les rythmes pointés instillent leur nervosité et tiennent en haleine, pendant que se déploient les lignes enjôleuses des hautbois, au timbre si délicat, ou les accords généreux des cordes, chaudes et mystérieuses. C’est en vain qu’on chercherait la faille, le « couac » d’une lecture si ciselée, mais où la minutie jamais n’exclut l’élan ni le bon goût.

Dans Ibéria, l’inspiration des musiciens ne retombe pas, et une sourde allégresse sous-tend les trois pans du triptyque. Toutes les formidables inventions sonores de Debussy – alliages de timbres, fantaisies rythmiques, nuances – sont scrupuleusement restituées, sans dureté ni artifice. Avant de conclure sur une Plus que lente dont le parfum parodique rivalise avec les évocations « mittel-europa » du cymbalum, l’auditeur trouvera une version de Jeux renversante de sensualité exacerbée. Une preuve supplémentaire que de part et d’autre de l’Atlantique, peu d’orchestres égalent le .

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