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Œuvres rares pour piano et orchestre de Chopin par Jan Lisiecki

Pour son quatrième album chez Deutsche Grammophon, et après avoir déjà enregistré en 2013 pour le label jaune Vingt-quatre Études moyennement convaincantes, revient à Chopin, avec cette fois un florilège d’œuvres pour piano et orchestre, mais sans les concertos, que le pianiste avait déjà gravés en 2010 avec Howard Shelley à la direction, à l’époque pour le label Fryderyk Chopin Institute.

Débutant par l’Andante Spianato opus 22 et s’achevant par le Nocturne en do dièse mineur, qui sont les deux seules pièces exclusivement pour piano de l’album, cette nouvelle parution présente surtout un intérêt documentaire : les deux œuvres pour piano seul connaissent d’autres interprétations majeures, et le reste de l’album n’est pas de la meilleure écriture du génie romantique.

L’Andante Spianato trouve un toucher doux sous les doigts du jeune pianiste, mais sa sensibilité souffre d’une sonorité trop monochrome. La Grande Polonaise Brillante, deuxième partie de l’opus 22, bénéficie de l’accompagnement à l’orchestre, pour l’occasion celui de la NDR de Hamburg, récemment rebatisé suite à l’ouverture du nouveau vaisseau amiral de la ville. le dirige avec intelligence, mais là encore, le manque de couleur y est évident, en plus d’être accentué par une prise de son qui met trop en avant le piano (effet aggravé lors des écoutes au casque).

La musicalité de Lisiecki, soulignée récemment à la Fondation Vuitton dans une partie de ces œuvres, permet un très beau Rondo À La Krakowiak, là encore avec un orchestre quasi effacé derrière, même lorsqu’il faut créer de la brillance comme au Poco meno mosso, où bois et cordes paraissent presque avoir les sonorités d’une formation baroque. Huit variations sur « Là ci darem la mano » d’après le Don Giovanni de Mozart suivent ensuite ; il faut reconnaître que cet opus 2 possède un intérêt musical très modéré, même s’il montre déjà le style personnel du compositeur, en plus de mettre en avant la dextérité d’un pianiste jamais pris en défaut par la difficulté.

Avant le Nocturne en do dièse mineur op. posth., bien joué, mais trop froid pour s’approcher des références, et faisant presque office de pièce rapportée sur cet album, la légèreté de la Fantaisie Polonaise opus 13 ravit, traitée dans une douceur particulière, mais là encore avec un orchestre refusant le romantisme et toujours trop en retrait. Ce CD sera donc à réserver aux amateurs de Chopin et en priorité à ceux de .

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