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Pretty Yende conquiert le public de Cologne

Cologne réserve un triomphe bien mérité à , à l’aise à la fois dans le répertoire français et le belcanto italien.

Pretty par-ci, Pretty par-là : Depuis quelques mois, la bouillonnante soprano sud-africaine est omniprésente dans le monde lyrique. De New York à Munich en passant par Paris, Zürich et Vienne, elle brûle les planches. En cette fin d’avril, elle fait escale à Cologne où elle est l’invitée principale de la « Fête des belles voix », le gala annuel de l’Association des Amis de l’Opéra de Cologne. Et comme partout, sa prestation extraordinaire lui vaut un triomphe.

En première partie, Yende nous présente des extraits d’opéras français. En Dinorah, tout d’abord, elle fait valoir une virtuosité sans faille : vocalises, trilles, suraigus, tout est en place. En Juliette ensuite, elle exhibe un médium soudainement plus dense. Dans le grand duo d’amour, elle caresse les phrases avec délicatesse et nous enchante avec de sublimes sons filés – sans parler d’un français tout à fait honorable. Mais c’est en Lucia qu’elle réussit le grand exploit. Évidemment, les passages les virtuoses ne lui posent pas problème. Mais cette virtuosité n’est jamais démonstrative. Elle fait, au contraire, partie intégrante d’une incarnation qui même ici, lors d’un concert, est d’une intensité bouleversante. Accompagnée par la sublime harmonica de verre de Sascha Reckert, Yende nous emmène dans le petit monde de Lucia où toutes les certitudes s’estompent – un vrai moment de grâce !

Dommage seulement, que les partenaires de Pretty Yende n’évoluent pas au même niveau. , ténor américain flirtant actuellement avec un répertoire plus lourd, n’est plus vraiment à l’aise dans les élans lyriques de Roméo. Très tendu à son entrée, il ne se décontracte que lentement. A ses côtés, le baryton russe exhibe une voix saine, au médium charnu et à l’aigu impressionnant. Particulièrement fâché avec la langue française, il manque aussi de style et de souplesse.

Rien à redire, en revanche, quant à la prestation du Gürzenich-Orchester sous la baguette experte de . Tendre et délicate dans le répertoire français, la sonorité de l’orchestre se fait plus dense chez Donizetti où le chef fait preuve, de surcroît, de la rare science du juste tempo.

Photos : Pretty Yende et © Paul Leclaire

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