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Blomstedt : avant-goût d’une intégrale Beethoven prometteuse

Après avoir déjà enregistré une intégrale des symphonies de Beethoven avec la Staatskapelle de Dresde dont il fut le directeur musical de 1975 à 1985, le chef , à l’occasion de son 90e anniversaire, remet une fois encore sur le métier le corpus symphonique beethovénien, cette fois à la tête de l’, qu’il dirigea de 1998 à 2005.

Un coffret anniversaire à paraitre en juin 2017 dont cette Symphonie n° 9 enregistrée en concert le 31 décembre 2015 nous donne un avant-goût alléchant et prometteur (nomination aux ICMA 2017). Une interprétation, somme doute classique, s’inscrivant dans la tradition germanique, peut être plus immanente que transcendante, sachant éviter toute lourdeur ou toute théâtralité grandiloquente, se déroulant suivant une belle dynamique conduisant du mystère initial à la ferveur conclusive de « l’Ode à la joie » magnifiée par les chœurs et un quatuor vocal de haute volée.

Partagé entre mystère, héroïsme et attente, l’Allegro initial se déploie suivant une belle progression scandée par une rythmique très appuyée, avec des vents superlatifs et des timbales particulièrement véhémentes. Très engagée, extravertie, puissante, la narration est claire, nous permettant d’apprécier tous les pupitres de cette phalange mythique. Très nuancée et contrastée, usant de nombreuses variations de tempo, la lecture de l’œuvre gagne beaucoup de relief et maintient savamment la tension. Le second mouvement, Molto vivace, bénéficie là encore d’une rythmique sans faille et d’une impeccable mise en place, donnant à l’élan des crescendos tout leur potentiel d’évocation dans cette longue montée vers la lumière. Plus apaisé, l’Adagio suivant fait la part belle aux cordes, cor et clarinette. Émouvant, poétique et intériorisé, il manque sans doute un peu d’allant et de cantabile. Le Presto final magnifiquement conduit, retardant au maximum l’entrée des voix, parvient à porter la ferveur à son acmé. Les chœurs sont ici d’une clarté exemplaire, parfaitement distribués, et le quatuor vocal de haut niveau, juste dans le ton comme dans la note.

Sans emphase et sans lourdeur, fervente et bien conduite, riche en couleurs, une Symphonie n° 9 qui ne révolutionne pas l’interprétation des symphonies de Beethoven, mais qui mérite, sans nul doute d’être écoutée avec attention, de par la qualité exceptionnelle de l’orchestre, la maîtrise de la direction, la beauté des voix et la pertinence de la prise de son. On attend avec impatience le reste du corpus.