ResMusica - Musique classique et danse
- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Mélodies d’amour au Festival Classica

Le programme présenté par accompagné par les solistes du quintette à cordes et piano, a été un pur délice pour les mélomanes friands de mets délicats. Le cycle La Bonne Chanson de Gabriel Fauré, a donc été donné dans la version pour piano et quintette à cordes.

L’appréciation même du compositeur sur cette opération esthétique laisse dubitatif. Il est vrai que l’intimité voix/piano est rompue, que la luminosité chatoyante – rayons de soleil qui percent les nuages – est assombrie voire noyée sous un habit orchestral. Certes, l’aspect symphonique y rajoute une fièvre, une tension. Le baryton assume dans une interprétation pleine d’élans et de passion, de retenue aussi, une dimension métaphysique voire transcendante du cycle.

Une tout autre fièvre hante Le Poème de l’amour et de la mer d’. L’élargissement sonore convient davantage au poème symphonique où l’esprit frappeur de Wagner s’infiltre dans les interstices musicaux. De cet épanchement lyrique postromantique où voix et orchestre est pleinement assumé, Marc Boucher en donne une version ample et poignante.

L’œuvre la plus connue de , – musicien prématurément disparu –  est la Sonate pour piano et violon. Tiré du cycle des Trois Poèmes, Sur une tombe, Ronde et Nocturne, cette dernière mélodie a été transcrite pour quatuor à cordes et piano. Nocturne nous plonge dans un univers feutré propre à la doctrine de Franck et d’Indy. La densité d’écriture se reflète dans l’ensemble orchestral et la voix. Marc Boucher en fait ressortir les ors.

Au cœur du programme de la soirée, on redécouvre avec joie, le Quintette en fa majeur pour piano et cordes de . Parmi la musique de chambre fin-de-siècle et début XXe, c’est assurément une œuvre majeure. À l’origine, le Quintette fut écrit pour violon, hautbois, alto violoncelle et piano. Dans la version que nous avons pu entendre, – le hautbois est remplacé par un second violon – les sonorités des différents instruments sont préservées. Les solistes ont su rendre toute la splendeur et la musicalité que contient cette oeuvre.

Crédit photographique : © Étienne Boucher Cazabon