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Sideways rain : les courses folles de Guilherme Botelho

Une technique au sol époustouflante et un art consommé du rythme insufflent à Sideways rain, la proposition chorégraphique de , son caractère inédit et innovant. Une plongée fascinante dans la théorie de l'évolution…

De jardin à cour, inlassablement, ils vont défiler. D'abord quasi rampants, à quatre pattes au plus proche du sol, puis roulant ou glissant sur le tapis sous l'impulsion de leurs cuisses et de leurs bras. Parfois, l'un d'entre eux s'arrête, s'assoit, regarde en l'air et bascule à nouveau dans un rampement permanent. C'est la théorie de l'évolution selon où l'on voit l'homme à quatre pattes, puis assis et enfin debout.

Le rythme de ces courses latérales, où aucune ligne ne se croise, est intense et fascinant. Les corps déboulent, se précipitent, sans répit. Pour parvenir à ce résultat très maîtrisé, fluide et sans à-coups, les danseurs ont travaillé leur technique au sol, sur le ventre, sur le dos ou à genoux. Roulades ou roulés-boulés, certaines de ces figures très physiques valent les déboulés de la danse académique.

On ne sait vers où se dirigent ces quatorze danseurs qui se renouvellent à chaque passage, reprenant la file ininterrompue qui passe devant nos yeux et donnant l'impression d'une foule considérable, convergeant vers un point distant, regardant vers le ciel ou derrière eux. La rencontre entre certains de ces êtres ne peut avoir lieu que fugacement, presque fortuitement, comme une manière de dénoncer l'absence de contact et l'incommunicabilité de notre société, dans laquelle chacun trace son sillon. C'est une fuite en avant que décrit Guilhermo Botelho dans ce Sideways rain.

Photos : © Andrea Fernandez

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