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Angelin Preljocaj offre un double programme à La Villette

Pièces miroir, Still Life et Helikopter d’ sont réunies pour une même soirée à la Grande Halle de La Villette. Au calme mélancolique de l’une répond l’intensité tonitruante de l’autre.

Still Life est la création 2017 du , qui alterne régulièrement ballets narratifs, comme Blanche-Neige également programmé pour clôturer cette saison de Danses à La Villette, et pièces plus abstraites, véritables laboratoires d’expérimentations chorégraphiques. Écrit au cordeau, le sextuor Still Life a tous les attributs d’une vanité, ces tableaux précieux du XVIIe siècle conçus pour rappeler aux mortels qu’ils allaient disparaître. Pauvre dans la première partie de la pièce, la scénographie s’enrichit d’objets emblématiques de ces « memento mori » : le crâne, le globe terrestre, le sablier… manipulés par les danseurs.

Dans cette pièce aux figures géométriques comme celles du Grand Siècle, le sextuor virtuose décline un vocabulaire néo-classique où duos et solos brillent dans un écrin noir. Ils témoignent du savoir-faire et de l’efficacité de l’écriture chorégraphique de Preljocaj, qui s’appuie de plus en plus sur des danseuses au niveau technique élevé. L’ensemble est tenu, maîtrisé et apaisant.

C’est une autre sensation avec Helikopter, pièce conçue en 2001 sur la célèbre partition de Karlheinz Stockhausen, dans l’interprétation du . L’intensité dramaturgique repose entièrement sur la musique, à l’inverse de Still Life, dont les musiques additionnelles s’apparentaient davantage à des cliquetis qu’à des notes.

Cette partition tonitruante, qui démarre avec le vrombissement des pales d’un hélicoptère, ne cesse de brouiller les pistes et de croître en intensité au fil de son déroulement. Les danseurs y pénètrent comme dans un élément liquide, fendant la plage musicale comme on le fait de l’onde. Cependant, à la revoir à la suite de Still Life, l’écriture de cette pièce très physique paraît plus confuse. L’embrasement des corps y est plus vif, mais la construction moins lisible.

Crédits photographiques : © Jean-Claude Carbonne

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