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Nettoyage à sec d’Erik Satie par Aldo Ciccolini

refroidit le musicien d’Arcueil.

Un premier album en 1956, entre 1963 et 1970 une première intégrale captée par des micros secs, osait un Satie un rien froid et distant, pince sans rire comme le personnage qu’il voulait paraître, mais finalement assez loin du poète désespéré qu’aura su débusquer derrière les notes le jeu autrement tendre de au début des années soixante-dix.

Pourtant le succès de la première intégrale d’Aldo Ciccolini fut tel qu’elle imposa le nom de Satie au grand public. L’enregistrement numérique commanda de réitérer cette réussite. La prise de son moins raide permet de mieux saisir cette volonté de distance qui espère exhausser à l’excellence d’invention des Gymnopédies, des Gnossiennes, des Préludes flasques toute une noria de petites pièces loin de l’absolu des chefs d’œuvre de musique blanche où Satie aura résumé, autant que dans les effets de machine à écrire et de revolver de Parade, sa petite révolution poétique par l’impertinence.

Mais las !, revenant dans ses musiques qu’il aura toujours plus fréquentées au disque qu’au concert, Aldo Ciccolini les jouant impeccables les joue aussi vides. L’ennui guette dans ces plaines modales où jamais les tendresses et les abîmes pourtant si bien montrés par suffisaient à créer des paysages, des arrière-plans où se suggéraient des connivences avec Debussy, avec le jeune Ravel. L’éditeur ajoute les mélodies avec Mesplé, Gedda, Bacquier, et soudain ce piano impérial s’échauffe, se débride, trop tard.

 

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