ResMusica - Musique classique et danse
- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Bach, Herreweghe, la Musique, la Trinité à Lyon

À Lyon, sublime la musique du Cantor de Leipzig.

Datant du début du XVIIe siècle, la Chapelle de La Trinité est l’un des rares exemples de l’architecture baroque à Lyon. Elle accueillait et son pour un programme Bach, avec trois cantates.

La cantate O ewiges feuer (« Ô feu éternel, ô source de l’amour« ) débute le concert. Écrite en ré majeur, avec trompettes, hautbois et timbales, son ouverture est flamboyante. Philippe Herreweghe n’a pas besoin d’une gestuelle spectaculaire. La main est souple, les nuances sont là. On ressent cette complicité musicale pour une belle expressivité vocale et instrumentale au service d’un texte emphatique. offre, ensuite, une aria très expressive mais plus douce, accompagnée par un joli duo de traversos et des cordes discrètes. La cantate se termine avec un chœur jubilatoire et la « Paix sur Israël » claque très fort ! Une interprétation époustouflante ! Suit la cantate Also hat Gott die Welt geliebt (« Ainsi Dieu a-t-il témoigné son amour pour le monde« ), écrite pour la Pentecôte 1725 sur un texte de Christiana Mariana von Ziegler. Rare intervention d’une femme à l’époque pour cette musique sacrée. Le premier chœur balance, amoureusement, pour Dieu. Puis chante, sans sophistication, une aria souriante « car Jesus est là, que tu attendais« . Le récitatif qui suit montre un égal à lui-même, avec une voix ferme, fidèle au texte.

La cantate Lobet Gott in seinen Reichen qui suit, termine le concert. Elle est aussi connue sous le titre d’Oratorio de l’Ascension. Mais son style est plus proche de la cantate. Le premier chœur « Louez Dieu dans ses royaumes » est exemplaire du  : voix parfaitement en place, netteté des attaques et justesse d’expression (ici, gloire et louanges pour « un cantique d’honneur« ). Au fil de l’œuvre, les solistes, sortis du chœur, sont dans l’ambiance, que ce soit qui chante la douleur dans l’aria Ach, bleibe doch, mein liebstes Leben ou qui, avec le contre-ténor, offre un très beau duo. La fin de l’œuvre est festive, avec un chœur qui nuance judicieusement le discours.

Crédits photographiques : Philippe Herreweghe © Matthias Baus ; Collegium Vocale Gent © Michiel Hendryckx