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Les polonaises pour violon et piano selon Zuzanna Budzyńska et Szymon Ogryzek

Voici un album réunissant sept polonaises pour violon et piano, regroupant aussi bien des œuvres connues du grand public que celles qui sont de nos jours plutôt oubliées, mais qui méritent d’être mises en lumière.

La polonaise, une danse nationale de rythme ternaire modéré exécutée primitivement lors des cérémonies de cour, fut une forme musicale très développée en Pologne au XIXe siècle. Si elle fut rendue célèbre dans le monde, en ce qui concerne sa tenue « romantique » (Johann Sebastian Bach la cultivait déjà dans le baroque), par , elle avait été utilisée par un certain nombre de compositeurs nés avant lui, comme par – « l’autre Paganini », selon le dire de Robert Schumann –, dont 3 miniatures, élaborées dans les années 1815-1816, sont gravées sur ce disque. Façonnées originellement pour violon et trio à cordes, elles sont ici arrangées pour violon et piano par Piotr Wróbel.

et nous en proposent une interprétation qui combine dûment la mélancolie et le caractère brillant inhérents à ces pages. Pour l’exécution de la Polonaise en ut dièse mineur op. 26 n° 1 de arrangée par Lipiński pour violon et piano, nous avons affaire à une lecture idyllique, rêveuse et nostalgique, peut-être pas aussi dramatique que celles qu’on nous offre souvent au piano seul, mais mettant l’accent sur la beauté et la pureté de la ligne mélodique du trio en bémol majeur (partie centrale de cette œuvre).

Pour les Wieniawski, et impressionnent par une finition soigneuse des phrasés et la précision rythmique. Parfois, on voudrait percevoir dans leurs prestations un peu plus de cohésion narrative, bien que tout semble joué comme il faut, c’est-à-dire avec brio, élégance et musicalité. Pour ce qui est de la Polonaise en majeur op. 4 n° 1 d’, elle est servie avec beaucoup de finesse, de même que, tout comme pour les Lipiński et les Wieniawski, de vivacité, pathos et variété des timbres et des ambiances, passant de langueur jusqu’à des débordements de joie. La souplesse de l’articulation de la violoniste et sa bravoure (rendue plus fiévreuse encore par le fait qu’elle joue quelques notes une octave plus haut), apportent un cachet de fraîcheur à cette interprétation, en la rendant, en outre, parfaitement « héroïque » et, donc, conforme à l’idiome de la polonaise du XIXe siècle.

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