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L’hommage chaleureux mais un peu superficiel à Rudolf Serkin

a bien connu personnellement , aussi l’hommage qu’il lui rend est-il plein d’affection et de compréhension. Mais cela ne suffit pas pour autant à percer le mystère de l’interprète comme le lecteur l’attend. 

Ce petit ouvrage d’ dresse un portrait sympathique de (1903-1991) à tel point que certains passages sur leur amitié sont presque exclusivement centrés sur lui-même plus que sur le musicien…

Le livre décrit pourtant avec justesse la trajectoire personnelle de Serkin, de ses premiers concerts viennois à son exil avec les Busch fuyant devant la montée du nazisme. Mais pourquoi faut-il à cette occasion que l’hommage aux frères Busch s’accompagne d’une vilaine allusion à Furtwängler et au fait qu’il est demeuré en Allemagne ?

Plus intéressantes sont les analyses du répertoire de Serkin, aussi peu virtuose et extérieur que possible, des creux au sein même de l’œuvre des musiciens qu’il servait sans relâche. Ainsi de Brahms a-t-il joué les concertos souvent, mais l’œuvre pour piano seul quasiment jamais par exemple ; il en va presque de même de Schumann d’ailleurs, sans même parler de Chopin qu’il tint toujours à distance. Et la défense obstinée du difficile concerto de Reger figure aussi parmi les choix les plus personnels et singuliers de Serkin.

À cet égard, combien il eût été intéressant de disposer en fin du livre d’une discographie exhaustive ou du répertoire détaillé de Serkin. Reste en refermant ce petit ouvrage le sentiment qu’il approche le mystère de l’interprète sans réellement le pénétrer. Dommage, car André Tubeuf signe là un livre empreint de sympathie et de compréhension mais malheureusement non dénué de superficialité.