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Javier Perianes dans les Préludes de Debussy, belle révélation

Le pianiste revient à Debussy, qu'il avait déjà associé à Chopin au disque, et ce, pour notre bonheur.

En 2018, Harmonia Mundi a fait appel à ses artistes pour rassembler une anthologie à l'occasion du centenaire de la mort du compositeur. L'objet est assorti d'un livret de qualité, comme ici par Denis Herlin, contextualisant avec justesse les œuvres. Pour cette édition bleue turquoise, le label a fait appel à , pianiste espagnol très apprécié sur la scène internationale et récemment nommé artiste de l'année aux ICMA. Le disque dédié aux Préludes et Estampes, laisse malheureusement de côté le second livre des Préludes, déjà interprété par Alexander Melnikov dans la même collection.

Pourtant cette version des Préludes a de quoi ravir l'auditeur. Il y a d'abord un plaisir voluptueux du son, sortant d'un très habituel piano Steinway, rendu presque feutré sans être cotonneux (Des pas dans la neige), par le soin conjugué de la douceur du toucher et des attaques et le jeu de pédale. L'écoute au casque rend d'ailleurs mieux justice à ces sonorités délicates. Les piani veloutés des Pas sur la neige n'empêchent pas une belle amplitude de nuances dans Ce qu'à vu le vent d'Ouest. Mais il y a globalement une simplicité du jeu, voire parfois de réserve, sans monotonie, mais loin de tout éclat et de toute extraversion : on a connu la Danse de Puck plus facétieuse ou Ce qu'a vu le vent d'Ouest plus tourmenté, notamment par des tempi très vifs ou plus libres. nous invite à une écoute profonde et intime de ces miniatures évocatrices (Voiles, si subtiles et vaporeuses).

À rebours de la chronologie de la composition, les Estampes poursuivent cet enchantement, plus secrètes et oniriques que jamais : Pagodes, avec finesse et tout en retenue, aux pianissimi toujours réussis, évoquant avec justesse le gamelan qui inspira l'œuvre, et dont le discours se déroule avec un grand naturel ; La soirée dans Grenade, voluptueuse quoiqu'un peu réservée dans son évocation espagnole ; et enfin, de merveilleux Jardins sous la pluie, pièce ici animée et fluide, délicate dans ses citations de Nous n'irons plus aux bois. Un beau Debussy pour âme rêveuse.

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