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Guys and Dolls à Marigny : le charme enlevé de Broadway

Inédit à Paris, Guys and Dolls de pour la musique et les chansons, Jo Swerling et Abe Burrow pour le livret, est accueilli au Théâtre Marigny dans une production de , énergique et délurée.

Créé à Broadway en 1950, Guys and Dolls fut un grand succès critique et populaire avec plus de 1200 représentations et cinq Tony Awards en 1951. Mais c’est une œuvre peu connue en France, malgré la sortie en 1957 du film de Joseph L. Mankiewicz « Blanches colombes et vilains messieurs », adapté du spectacle et avec Marlon Brando, Frank Sinatra, Jean Simmons et Vivian Blaine. Pourtant, l’œuvre gagne à être redécouverte et on doit à , qui a participé à la renaissance du musical initiée par au Théâtre du Châtelet, de l’avoir chorégraphié en 2017 pour le Milwaukee Repertory Theater en 2017.

Dans cette fable sur Broadway, il y a des danseurs, des joueurs de crap et des missions de l’Armée du Salut. Tout ce joli monde se côtoie et se mélange dans cette comédie musicale populaire, menée à un train d’enfer. Pour gagner un pari, Sky Masterson va tomber amoureux de Sarah Brown, la timide missionnaire. De son côté Nathan Detroit, le vendeur de journaux, organisateur de parties de dés clandestines, ne se résout pas à épouser Miss Adélaïde, la meneuse de revue à laquelle il est fiancé depuis… 12 ans. A ces deux couples improbables s’ajoutent une galerie de personnages hauts en couleur, de la Générale Cartwright à Julio, le mafieux de Chicago, en passant par Benny « oui oui ». Après la scène d’ouverture, flamboyante, la scène d’exposition permet à chaque personnage de révéler ses principaux traits de caractère.


Appuyé par un corps de ballet masculin très dynamique et quelques girls plutôt coquines, les rôles principaux s’en donnent à cœur joie. Sarah, la missionnaire, passe de la timidité à la débauche en fine comédienne, sans jamais se départir de son sourire et de sa voix suave. Son partenaire, Sky, est une magnifique voix chaude comme celle d’un crooner. La chanson principale du musical qu’il interprète, « Luck be a Lady », a d’ailleurs été reprise par Frank Sinatra. On suit avec délices les péripéties de Nathan, toujours en quête d’un local pour accueillir sa partie de crap nocturne. Et l’on se régale de l’abattage sans pareil de Miss Adelaïde, l’enrhumée pathologique qui chante et mène les revues comme personne.

Le décor alterne astucieusement entre les scènes de rue, aux enseignes criardes matérialisée par des cadres munis d’ampoules, les soirées passées au cabaret Hotbox et ses tables enfumées, la salle déserte de la mission Save-a-Soul et – parenthèse exotique et enchantée – le Havana Club à Cuba.

L’ensemble forme un mélange enlevé et coloré, mené par James McKeon, à la tête de l’Orchestre et du Chœur Marigny. A conseiller aux (nombreux) amateurs de divertissement.

Crédits photographiques : © Julien Benhamou