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Distribution de rêve avec Ildebrando d’Arcangelo pour un nouvel Attila en DVD

Réunir un quatuor de chanteurs sachant rendre justice à Attila n’est nullement facile. En 2016, l’opéra de Bologne a réussi le pari comme en témoigne le DVD récemment paru sous label Cmajor.

Disons-le d’emblée : musicalement, on ne peut pas faire mieux. Mariant énergie et souplesse, fougue et langueur, est le chef idéal pour diriger un opéra du jeune Verdi. Rien ne sonne mécanique ici – même les accompagnements les plus conventionnels. Et l’orchestre se montre en grande forme.

Et quelle distribution ! Affrontant sans sourciller les périlleuses vocalises, lançant des aigus flamboyants sans pour autant négliger ni le legato ni la ligne, est une Odabella de première envergure. Timbre enchanteur, aigu facile, chant nuancé, s’avère l’un des meilleurs barytons verdiens du moment. Dommage seulement qu’il n’ose pas le spectaculaire si-bémol aigu à la fin de sa cabalette. Vaillant quand il le faut, mais au phrasé particulièrement soigné, campe un excellent Foresto. Sans oublier un superbe interprète du rôle-titre : voix de bronze, projection arrogante, aigu ravageur,  est un Attila rien moins qu’idéal.

La mise en scène, pour ainsi dire, ne dérange pas. Choisissant une tonalité sombre en phase avec la musique, où les couleurs prédominantes sont le brun et le gris, se limite à régler entrées et sorties. Le chœur, vêtu tour à tour à l’oriental ou façon années 1940, bouge le moins possible – tout comme les solistes qui chantent leurs airs le plus souvent la main sur le cœur et face au public. Seul d’Arcangelo réussit à conférer un peu de crédibilité scénique à son personnage de guerrier. Et pourquoi diable le pape Léon est ici transformé en « vieux Romain » ? Mais finalement, ne boudons pas notre plaisir. Car, honnêtement : qui écouterait Attila pour la mise en scène ?

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