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Fellini entre majesté et burlesque sous la baguette de Chailly

Ces pages de , feuilles d’album un peu jaunies d’un monde révolu aux portes des studios Cinecittà, à Rome, sont un enchantement. Musiques sérieuses ou légères ? Avouons ne plus savoir.

Alors âgé de 21 ans, le tout jeune chef rencontra le compositeur pour préparer l’enregistrement de son Concerto pour piano dédié à Michelangeli. Apparemment, certains musiciens italiens souffraient comme leurs homologues français du même rejet de l’avant-garde pour toute compromission avec le Septième Art. Rappelons qu’une grande partie de l’oeuvre de est classique. En témoignent ses dix opéras, cinq ballets, symphonies et concertos ! Disciple d’Alfredo Casella, il partit sur les conseils d’Arturo Toscanini étudier la direction d’orchestre auprès de Fritz Reiner aux Etats-Unis. Auteur également d’une thèse consacrée au compositeur de la Renaissance, Gioseffo Zarlino, écrivit ses premières musiques pour le cinéma en 1933.

Dépassons l’a priori d’une « musique sans appellation » selon l’excellent titre du musicologue italien Fedele d’Amico, pour découvrir la profonde originalité de bien des pièces de ce disque. On ne reviendra pas ici sur le lien fusionnel entre Fellini et Rota même si le livret évoque avec humour, l’incompréhension entre les deux artistes, Fellini ne connaissant rien à la musique et Rota n’étant finalement que peu attiré par les messages de la pellicule.

Nostalgie, donc, avec la suite du film Amarcord dans son orchestration originale. Un jazz band, des instruments folkloriques et un piano-bar nous régalent. La version orchestrée par William Ross est tout aussi superbe. La suite de concert de Huit-et-demi, cette évocation des temps heureux en musique, est bien turbulente, déhanchée et un brin fanfaronne. L’orchestre joue avec juste ce qu’il faut de nonchalance et de swing. La partition de La Dolce vita avec ses sonneries “alla Respighi”, ses harmonies orientales et dissonances jazzées est un petit chef-d’œuvre. Chailly la dirige avec une infime trivialité, un désespoir un peu grandiloquent, passant de la confidence à l’emphase symphonique. Les solistes sont impeccables. La suite symphonique du Casanova de Fellini réunit quelques-uns des thèmes les plus célèbres. Elle joue de l’absurde et du grotesque avec une écriture qui s’inspire des orchestrations des années trente, d’un Kurt Weill, notamment. Les interprètes nous réjouissent avec la suite du film I Clowns, mettant en valeur d’excellents cuivres.

Ce disque complète une série de plusieurs album réunissant des œuvres orchestrales et chorales de Rota. Parus chez Decca, ils ont été salués dans ces colonnes.

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