ResMusica - Musique classique et danse
- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Trios de Mozart avec Robert Levin, Hilary Hahn et Alain Meunier

, et expriment la beauté intime des trios de Mozart.

Le pianiste, musicologue et compositeur a récemment attiré notre attention par une exemplaire lecture des Partitas de Bach, pour laquelle il a ajouté ses propres ornements, conformément aux habitudes interprétatives de l’époque.

Avec cet album, il se montre, encore une fois, un inlassable chercheur d’authenticité dans la musique. Il nous y présente une nouvelle version, achevée par lui-même, du prétendu Trio K. 442 de Mozart. Rappelons qu’il s’agit d’une œuvre tissée à partir de trois fragments épars, façonnés pour le même instrumentarium et laissés initialement sous forme d’esquisses. Après le décès du maître de Salzbourg, ces trois extraits furent réunis et complétés par l’abbé Stadler, son élève, puis publiés comme le Trio en ré mineur. On se pose la question de pourquoi une proposition de plus de ces pages ? Or, Stadler commente sa manœuvre avec ces paroles : « Ils [ces fragments de musique] ne sont pas tout à fait achevés. Ce qu’il en manque a été complété par un amateur. L’ensemble peut donner lieu à un trio ». Une étude approfondie de la version co-signée par Stadler révéla à Robert Levin des imperfections qu’il ne manqua pas d’éliminer pour ce projet.

Nous sommes dans les années 1780, soit au seuil de l’existence de ce genre. C’est alors que, depuis l’apparition du piano-forte, les gens ressentent le besoin – comme l’affirme Leif Ove Andsnes –, de se sociabiliser en jouant des partitions qui sans être trop compliquées techniquement, stimulent par un degré de difficulté.

Sur le plan de l’interprétation, les chambristes trouvent l’équilibre entre la simplicité et l’intensité, le naturel et la théâtralité, l’élégance et la puissance évocatrice. Ils saisissent par le raffinement du dialogue, l’ampleur de la respiration, ainsi que la douceur des ambiances qu’ils créent à l’aide des moyens, paraît-il, les plus candides. La suavité et la droiture du jeu de Robert Levin, dénué de virtuosité et marqué au sceau de la clarté du rythme, est comme une brise légère, apportant à cette prestation la netteté des phrasés, mais également une certaine fluidité du mouvement. Le violon de brille à son tour de teintes lumineuses. Elle captive par la profondeur du timbre et la souplesse de l’articulation, qui dévoilent la distinction des vocalises aériennes de Mozart. complète le discours par des interventions aussi nobles (parfois plaintives comme dans le dernier mouvement du trio K. 496) que modestes, faisant quelquefois penser à la réalisation de la basse continue.