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Thomas Søndergård défend l’orchestre chatoyant de Richard Strauss à Glasgow

savait génialement sculpter son orchestre avec une suavité et une sensualité souvent envoûtantes.  s’applique à en restituer les charmes à la tête de l’Orchestre royal d’Écosse.

Une vie de héros, où se met en scène, résume comme il convient l’odyssée d’un orchestrateur hors pair en réutilisant de nombreux traits si caractéristiques du jeune compositeur décidé à l’âge de 35 ans de s’éloigner des poèmes symphoniques. Le charme enchanteur de ces pièces n’a rien perdu, aujourd’hui encore, de son pouvoir voluptueux. Le chef danois parvient à stimuler cet Orchestre royal écossais en tentant de gommer une certaine raideur qu’on a pu parfois lui reprocher. Si les intervenants se délectent assurément de cette musique créée sous la direction du compositeur à Francfort-sur-le-Main il y a 120 ans, en mars 1899, ils se montrent globalement moins convaincants comparés aux gravures les plus intemporelles dues par exemple à Karajan (Berlin, DG, 1973), Kempe (Dresde, EMI, 1974) ou encore Zinman (Zurich, Arte Nova, 2001).

La gloire rencontrée dans l’univers de l’opéra nous est rappelée avec la fameuse Suite orchestrale du Chevalier à la rose écrite en 1934 et 1944, bien des années après la création de l’Opéra à Dresde en 1911. L’orchestre écossais, sans démériter, affiche une certaine austérité et un relatif manque d’onctuosité et de plasticité, incontournables si l’on veut frapper les sens de l’auditeur. La faute en revient également au chef dont on a précédemment souligné une palpable rigidité dans la conduite des tempos. On n’oubliera donc pas Georges Prêtre (Stuttgart, Hänssler, 1998) et moins encore Georges Sebastian (Baden-Baden, Musidisc).

Mais ne boudons pas à l’excès notre plaisir à l’écoute de ce beau programme. Et même si la compétition discographique reste inchangée, cette gravure comblera ceux qui ne s’adonneront pas à ses comparaisons.