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Dans Cavalleria rusticana, Alexia Voulgaridou est Santuzza

Cette Cavalleria rusticana, enregistrée en février dernier à Florence, mérite le détour pour les nuances de sa distribution et de sa direction d’orchestre.

Pour bien des chefs, vérisme égal décibels. Les chanteurs, du coup, commencent à hurler, les finesses partent à la trappe et le spectateur reste frustré. Rien de telle dans cette Cavalleria rusticana florentine que le label Dynamic vient de sortir quelques mois seulement après les représentations au Théâtre du Mai Musical. C’est d’abord grâce à , jeune chef italien, dont la carrière, centrée essentiellement sur la Péninsule, se déroule désormais depuis une bonne dizaine d’années. Dès le prélude il surveille les nuances et varie les couleurs sans pour autant sacrifier énergie et passion. Une lecture fêtée à raison par le public sur place.

La distribution, elle aussi, est ovationnée. d’abord, légende du chant italien, dont les débuts remontent à l’année 1963. Véritable bête de scène, elle campe une Mamma Lucia étonnamment agile – et toujours très en voix. est Santuzza. Mimi et Manon il n’y a pas très longtemps, la voix de la soprano grecque s’est considérablement développée lui permettant désormais d’aborder des rôles plus dramatiques. Le timbre toujours jeune, l’aigu inaltéré, elle affronte crânement les difficultés du rôle dont elle dresse un portrait par ailleurs très émouvant. A ses côtés, est un superbe Turiddu. Voix belle et bien projetée, au médium corsé et à l’aigu facile, il nous ravit, dès sa Sicilienne, par des belles demi-teintes. Seul Devid Cecchoni, baryton au timbre figé, sacrifie au cliché du chant vériste, fruste et avare de nuances.

La mise en scène, quant à elle, laisse une impression mitigée. Hésitant entre réalisme et symbolisme, et Ugo Giacommazzi offrent une lecture pas toujours lisible. Pourquoi, au début, les enfants du village dorment-ils en plein air ? Pourquoi Alfio est-il accompagné d’une troupe d’acteurs portant des masques rappelant le carnaval suisse ? Pourquoi enfin les villageois ne bougent pas d’un centimètre lorsqu’ils entonnent le chant de la procession ? La direction d’acteurs, en revanche, mérite des éloges avec une scène finale particulièrement poignante. Ici, Alfio, la chemise blanche tâchée de sang, revient en triomphateur, pendant que Lucia et Santuzza s’effondrent. Une image qui reste gravée dans la mémoire.