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Vasily Petrenko et le Philharmonique d’Oslo, deuxième volet de l’intégrale straussienne

Avec ce deuxième enregistrement centré sur la figure du héros, déclinée sous trois formes bien différentes (Don Quichotte, Don Juan et Till l’espiègle), poursuit avec bonheur son intégrale des poèmes symphoniques de .

Si le premier opus avait séduit par sa théâtralité et son panache orchestral, celui-ci recueille, à son tour, les mêmes éloges, mais aussi les mêmes réserves.

A commencer par Don Quichotte qui souffre parfois d’une théâtralité excessive donnant aux mouvements lents un pathos exagéré, majoré encore par un tempo trop modéré qui entame la continuité de la narration. Vu par le petit bout de la lorgnette, fragmente le discours dans une succession de saynètes, tantôt poétiques, tantôt cocasses, où se distinguent des cordes très lyriques et tout particulièrement le violoncelle solo de Louisa Tuck et l’alto de Catherine Bullock, soutenus tout du long par une orchestration très colorée particulièrement mise en valeur, dès l’introduction, par la clarté de la direction et la virtuosité de l’OPO.

Point de réserves en revanche concernant Don Juan qui bénéficie, quant à lui, d’une dynamique bien tenue, de couleurs et de contrastes parfaitement enchainés, dans un phrasé très narratif, tour à tour voluptueux (petite harmonie et cordes), passionné (cuivres) et finalement dramatique (tutti et timbales) traduisant l’agonie, puis la mort du héros.

Till l’espiègle, en bénéficiant d’une dynamique pleine d’allant et d’une théâtralité bien dosée, rassemble tous les suffrages, constituant sans doute le meilleur moment de cet enregistrement. Vasily Petrenko y raconte les espiègleries de Till dans une profusion d’images sonores, toutes très convaincantes, allant de la bouffonnerie au drame, sans jamais que l’homogénéité de l’interprétation n’en pâtisse. Les vents irréprochables, la plasticité de l’OPO et la pertinence de la direction ne sont pas les moindres atouts de ce savoureux conte musical où Strauss atteint, sans aucun doute, à la quintessence du poème symphonique. A suivre…

 

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