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Andris Nelsons et Vienne déçoivent dans leur intégrale Beethoven

Choisi par l’étiquette jaune pour graver les neuf symphonies de Beethoven avec la prestigieuse philharmonie de Vienne, déçoit globalement.

C’est évidemment l’un des enregistrements les plus remarqués de l’année Beethoven qui s’annonce : les neuf symphonies gravées par l’illustre philharmonie de Vienne dans la sublime salle du Musikverein. Autant à Berlin les symphonies de Beethoven sont l’apanage presque (pas totalement toutefois) exclusif du chef titulaire et ont été marquées de leur empreinte par Furtwängler puis Karajan, Abbado et Rattle, autant Vienne qui n’a pas de chef titulaire s’est ouverte aux baguettes les plus prestigieuses et diverses: Schmidt-Isserstedt, Abbado, Bernstein, Böhm, plus récemment Rattle et Thielemann ont gravé le cycle complet, sans oublier quelques fulgurances isolées comme celles de Carlos Kleiber. Le poids de ces maîtres pèse sur les épaules d’, choisi par l’étiquette jaune.

Disons le d’emblée, globalement cette nouvelle venue n’égale pas les meilleures de ses devancières, par une approche tellement respectueuse des spécificités de l’orchestre qu’elle en devient timide et presque impersonnelle. Autant les deux dernières, chronologiquement, celles de Rattle (également l’auteur d’une intégrale avec les Berliner Philharmoniker, Clef d’Or ResMusica) et Thielemann avaient fort différemment marqué des visions majeures, tendue, énergique et cinglante pour Sir Simon, recherchant la reviviscence d’un « grand style » romantique allemand pour Thielemann, autant le chef letton semble le plus souvent suivre l’orchestre, le laisser jouer en savourant son incontestable splendeur sonore (avec une audible prédilection pour les cors, très souvent mis en avant). Il en résulte une intégrale hédoniste mais dépourvue de véritable tension et de conception d’ensemble. Certaines symphonies, notamment les deux premières, supportent assez bien ce traitement mais les dernières en souffrent nettement, faute de direction ferme. Quant à la Neuvième, elle déçoit franchement. A ceux qui reprochent aux critiques de ressasser toujours les mêmes références, rappelons que sir , pourtant peu suspect de passéisme, interrogé par un de nos confrères de la presse écrite afin de choisir son interprétation de prédilection, retint sans hésiter la version de Furtwängler en 1942… Avouons qu’on attend toujours la version moderne qui saura rivaliser avec un tel sommet. Le chef letton, enthousiasmant dans Chostakovitch s’avère décidément moins convaincant dans le répertoire germanique, comme ses enregistrements brucknériens l’avaient déjà démontré

Un mot enfin sur le format incommode de ce luxueux boîtier présenté comme un petit livre et non comme un coffret de disques et sur l’absence de traduction en français du généreux texte de présentation.