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Santtu-Matias Rouvali dirige Pettersson et Sibelius avec le Philharmonique de Tampere

dirige la Symphonie n° 5 de Sibelius à Tampere et met à son répertoire la Symphonie n° 7 d’.

Dans les cinq dernières années, l’étoile du chef d’orchestre finlandais s’est élevée à une vitesse impressionnante. En plus de diriger le Philharmonique de Tampere et l’Orchestre symphonique de Göteborg, il a récemment été nommé successeur de son compatriote Esa-Pekka Salonen au Philharmonia à Londres. Il est bien sûr très excitant de voir et d’entendre un chef d’orchestre de ce calibre et de cette reconnaissance internationale prendre la cause d’.

L’œuvre de Pettersson présentée ce soir est, sans surprise peut-être, la Symphonie n° 7. Il s’agit sans doute de la symphonie la plus accessible de Pettersson et de l’œuvre qui l’a rendu (relativement) célèbre. Bien que la plupart des symphonies de Pettersson soient de longues œuvres en un seul mouvement, plusieurs de ses symphonies peuvent être divisées en blocs discernables. C’est cet aspect des symphonies de Pettersson qui semble éclairer l’interprétation de Rouvali, car sous sa direction, la Symphonie n° 7 est une série de très longues phrases reliées entre elles, chacune exécutée d’un seul souffle.

La section d’ouverture de la symphonie pourrait être décrite comme un horizon sans fin sous un ciel gris oppressant. Rouvali prend cette section à un rythme étonnamment rapide, ce qui ajoute un sentiment inattendu d’anticipation et de pressentiment à cette sombre introduction. Rouvali mène la section suivante avec une objectivité apparemment froide, ce qui fait monter la tension de cette musique déjà inquiétante à des niveaux presque étouffants. Le magnifique choral pour cordes qui mène à la dernière section de la symphonie est joué à un rythme et avec une souplesse adéquats ; ici, Rouvali évite la tentation d’ajouter une touche de sentimentalité et laisse simplement la musique parler d’elle-même.

Bien que la Symphonie n° 7 soit (relativement) très bien représentée dans les enregistrements, l’interprétation unique et finalement efficace de Rouvali mérite d’être enregistrée et entendue par un public plus large. On ne peut qu’espérer que Rouvali continuera à développer sa fréquentation des œuvres de Pettersson.

Les amateurs de musique en Finlande ne manquent pas d’occasions d’entendre la Symphonie n° 5 de Sibelius interprétée par des orchestres et des chefs dont on peut dire qu’ils ont la connaissance la plus intime de cette œuvre au monde. Croyez-le ou non, je suis peut-être devenu un peu blasé chaque fois que j’entends cette œuvre interprétée en Finlande, car dans ce pays, à peu près n’importe quel orchestre sait aborder cette œuvre de manière techniquement sûre et avec vénération.

Bien que l’interprétation du premier mouvement par Rouvali n’ait pas semblé mettre l’accent sur le relâchement de la tension à chaque point culminant, c’est dans les espaces entre ces points culminants que Rouvali opère avec magie – comme pour Pettersson. Rouvali peint le mouvement dans les traits les plus larges possibles et par conséquent crée ce sentiment palpable d’inéluctable tout au long du mouvement.

Le deuxième mouvement, qui peut parfois être perçu comme une pastorale quelque peu innocente, est positivement excitant et presque fougueux sous la direction de Rouvali. La même inéluctabilité imprègne le glorieux mouvement final ; l’arrivée de la  » grande mélodie  » est électrisante. Les espaces entre les derniers accords martelés sont peut-être un peu excessifs, mais n’en sont pas moins réjouissants.

Traduction : Jean-Christophe Le Toquin
Crédits photographiques : Santtu-Matias Rouvali © Kaapo Kamu

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