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Xavier Phillips et Anne Gastinel dans les duos pour deux violoncelles d’Offenbach

Ces passionnants duos pour deux violoncelles sont l’occasion de réévaluer drastiquement la musique instrumentale de , né il y a 200 ans.

Offenbach était un virtuose du violoncelle qu’il avait étudié dans sa jeunesse passée en Allemagne. Puis en 1833-1834 il avait fréquenté brièvement le conservatoire de Paris. Sa dextérité lui avait rapidement valu le surnom flatteur de « Liszt du violoncelle ». Dans la capitale française il se mêla aux salons, joua au sein de divers orchestres de théâtres et se rendit souvent à l’Opéra-Comique, constituant de la sorte une expérience irremplaçable.

Son Cours méthodique de duos pour deux violoncelles, riche de six volumes notés de A à F, incluant les opus 49 à 54, fut publié entre 1839 et 1855. Cet ensemble propose des musiques de difficultés croissantes et dévoilent un compositeur capable d’écrire des pages extrêmement virtuoses et des passages d’une pénétrante poésie, des sections hautement spirituelles ou encore emplies d’humour ou de retenue.

Parmi ces opus relativement peu connus, le plus remarquable et souvent le plus apprécié s’avère être le second duo de la lettre F (op. 54) en mi majeur où s’enchaînent comme magiquement dans une forme tripartite (à l’image de l’ensemble de ce corpus) un Allegro chantant, un Andante lyrique et pour finir une Polonaise entraînante.

Les trois Duos de la lettre E (op. 53) montrent combien Offenbach excelle à faire ressortir les potentialités passionnantes de l’instrument tant aux plans timbriques, mélodiques, expressifs que virtuoses.

Globalement c’est un authentique régal que de découvrir et déguster la profondeur créatrice d’un musicien dont la réputation mondiale repose sur un tout autre registre.

Les deux violoncellistes de cette gravure relèvent haut la main les défis que constituent ces pages et se positionnent d’emblée en haut d’une discographie menue mais qualitative. En témoignent leur virtuosité inspirée et chaleureuse, leur introspection raffinée et pondérée et leur respect intégral du texte.

On rappellera les enregistrements très recommandables, mais le génie en moins, de Andrea Noferini et Giovanni Sollima (Brilliant Classics), Paul Christopher et Ruth Drummond (Human Metronomy) et Raphäel Chrétien et Jérôme Pernoo (Ligia).

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