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Programme Balanchine à l’Opéra Bastille

Avec ce magnifique programme Balanchine pour le Ballet de l’Opéra de Paris, douceur, assurance et sérénité sont au programme de Sérénade, Concerto Barocco et Les Quatre Tempéraments.

Sérénade ouvre le programme avec sérénité. Premier ballet américain du chorégraphe fraîchement immigré de Russie, il revisite la tradition classique en utilisant la Sérénade de Tchaïkovski, l’une des œuvres qui a baigné l’enfance de . C’est un ballet en bleu, truffé de références artistiques, depuis la Danseuse tournée vers la droite de Degas à la sculpture de Canova Psyché ranimée par le baiser de l’amour, ressuscitée dans un moment clé du ballet.

Longilignes et impeccables en chignons bananes, les danseuses de ce corps de ballet en bleu rendent aussi hommage aux élèves de la School of American Ballet qui créèrent Sérénade en 1934. a la triomphale allure américaine qui sied à cet impressionnant exercice, mais sait émouvoir dans l’abandon, à la fin du ballet. À ses côtés, et sont plus brillantes, plus légères aussi. est un solide appui pour les équilibres difficiles, de même que Yannick Bettencourt dans la partie finale.

La virtuosité de la composition musicale de Concerto Barocco a servi de prétexte à l’écriture chorégraphique en miroir de . À l’image d’une Anne Teresa De Keersmaeker, le chorégraphe américain entrecroise les lignes mélodiques, les fugues et les contrepoints dans un entrelacs savant, mais toujours pétillant. , très volontaire, et Ida Viikinkosky, plus subtile, sont les partenaires d’un en retrait.


Comme tout le répertoire de Balanchine, c’est un plaisir de revoir Les Quatre Tempéraments, ce très beau ballet équilibré sur la puissante musique de Hindemith. Il est porté par un corps de ballet féminin très solide, brillant et équilibré, et par des solistes visiblement heureux d’être de retour sur scène. Après le thème, place au superbe solo de , le mélancolique, accompagné de Laetizia Galloni et . Suit le duo efficace des sanguins et , rejoints par quatre danseuses. Revoilà ensuite en flegmatique dans un quintette diabolique, avant de céder la place à la colérique Emilie Cozette. Policé, le finale réunit tous les danseurs pour un feu d’artifice d’excellence chorégraphique.

Crédits photographiques : © Svetlana Loboff

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