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« Die Schöne Müllerin » : Thomas Oliemans suit un splendide Malcom Martineau au piano

Souvenir d’un concert au Théâtre de l’Athénée, le disque de et Malcolm Martineau délivre une Belle Meunière de Schubert un peu inhabituelle, mais authentique.

Le label B Records propose des disques enregistrés uniquement en concert. Le défi de restituer la chaleur, l’instantanéité d’un moment d’exception peut être payante, mais n’est pas sans risque. En l’occurrence, pour une œuvre tellement enregistrée (plus de 180 versions…) par tant de dieux et de héros de l’histoire du chant, le défi était pour le moins audacieux.

Dès le premier lied du cycle, on comprend le propos : le pianiste fait briller le soleil dans le torrent, rouler les pierres et tourner la roue du moulin, tandis que le chanteur, d’une voix un peu fêlée et presque étranglée, peine à le suivre dans ses remous. Même si par la suite, la voix du baryton s’échauffe et s’assouplit vite, s’il est capable de belles nuances et d’articuler un bel allemand, il ne fait jamais que se mouler dans le décor et les intentions de Malcolm Martineau. C’est le pianiste qui décrit les émotions et interrogations du meunier, et qui nous mène dans une nature magnifique. C’est lui encore qui nous guide au fil de l’eau d’un torrent impétueux ou calme, mais toujours transparent, propre à refléter les tourments du jeune homme et à l’amener au bout de l’auto-destruction qu’il porte en lui-même dès le début du cycle.

Étonnante soirée, où l’accompagnateur domine le chanteur, mais peu importe, les deux artistes s’entendent, cheminent ensemble, et notre Schubert romantique est bien là. Un meunier passif et dépressif, broyé par un monde trop beau : pourquoi pas ?

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