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Lea Desandre illumine les Nuits d’été à l’Opéra de Rouen

Pour ce deuxième concert sans public diffusé en direct, l’Opéra de Rouen Normandie joue la carte de la jeunesse et de l’audace en présentant sur la même affiche deux figures musicales montantes, et , dans un programme associant deux œuvres célèbres, Les Nuits d’été de Berlioz et le Concierto de Aranjuez de Joaquín Rodrigo, ainsi qu’une surprenante et méconnue Ouverture n° 1 en mi mineur de .

C’est avec une assurance peu commune que la jeune mezzo aborde la redoutable partition des Nuits d’été d’. Œuvre célébrissime s’il en est, défendue par de nombreuses chanteuses depuis des années avec un succès parfois mitigé, à l’origine d’une discographie pléthorique dominée par l’indétrônable (avec Ernest Ansermet et l’Orchestre de la Suisse romande en 1963 publiée par Decca). Il faut bien avouer que les moyens vocaux de Lea Desandre sont à la hauteur du pari : un timbre d’une délicatesse confondante, une ligne de chant d’une exquise souplesse s’adaptant parfaitement à la fluidité de la prosodie berliozienne, un ambitus remarquable, étendu des aigus les plus lumineux aux graves les plus abyssaux, auxquels s’ajoutent un souffle d’une longueur rare, un legato éblouissant dans les aigus filés et une diction parfaite pour une interprétation dont on ne sait qu’admirer le plus, du naturel de l’intonation où de la facilité d’émission. De son coté à la tête de l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie fournit à la jeune mezzo un écrin orchestral de choix avec un orchestre très complice, réussissant à concilier le grandiose de l’orchestration et l’intime de la narration. On regrettera toutefois que la prise de son assez médiocre, lointaine et déséquilibrée, ne rende pas totalement justice à l’excellence de la phalange normande. Probable aléa du direct méritant certainement une correction pour les rediffusions futures.

Handicap identique pour le guitariste dont le dialogue avec l’orchestre peine à prendre forme malgré de louables efforts de , nous faisant lourdement regretter la prise de son rigoureuse de son dernier enregistrement, dans la même œuvre, avec le même chef (Erato) ! Certes la virtuosité du jeune soliste est au rendez vous, mais l’émotion cruellement absente, du fait d’un orchestre difficilement audible.

L’Ouverture n° 1 de clôt ce concert sur une œuvre rare (anecdotique ?) appartenant au court opus symphonique (deux ouvertures et deux symphonies) de cette compositrice, également professeure de piano, un peu oubliée de nos jours dont l’intérêt, avouons le, parait plus historique que musical ! Rendons grâce toutefois à l’Opéra de Rouen de nous l’avoir fait redécouvrir…

Crédit photographique : Lea Desandre © Stephan Brion

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