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Solo intime de Germaine Acogny en direct du Théâtre de la Ville

Artiste ambassadrice de cette saison de solidarité au Théâtre de la Ville, est l’ainée des chorégraphes africains et une personnalité charismatique de la scène africaine contemporaine. Mise en scène par , elle danse son solo A un endroit du début sur la scène de l’Espace Cardin, devant un parterre vide, dans le cadre du week-end qui lui est consacré. Une masterclass clôturait ce week-end de danse.

Le solo commence par les mots de son père, Togoun Servais Acogny, et se poursuit par le récit de son histoire personnelle et familiale, initiée par une grand-mère, prêtresse Yoruba, qui donna le jour à l’âge de 60 ans. La chorégraphe et danseuse évoque de manière imagée le rôle de la femme en Afrique, la polygamie culturelle et le sens de l’injustice qui la conduit à se révolter. Religion, travail, rapport avec les blancs, racisme, tous les thèmes sont abordés tout à tour par différents médias.
Mêlant image documentaire, récit à la première personne et danse, ce portrait intime d’une grande dame est d’une grande puissance. bouge ses bras forts et ses hanches solides en inscrivant ses pas dans ceux de ses ancêtres africains. Elle agite le bas de sa robe longue ou scande le rythme avec vigueur, avant de se redresser, fière et rebelle.

Son vocabulaire gestuel mêle figures traditionnelles de la danse africaine et modernité, s’inspirant aussi des mouvements inspirés par les travaux des champs ou de la maison, jouant la transe ou la colère, la prière ou le recueillement.

L’apport délicat et juste de la musique, interprétée au piano par , renforce l’habillage discret de la vidéo, projetée sur un rideau de fils satinés. La diffusion en direct rend en revanche peu visible les images diffusées et empêche le spectateur d’être plongé dans l’atmosphère intime du solo. Les parties sombres, notamment, sont difficilement perceptibles et l’on suit avec avidité la silhouette de la danseuse lorsqu’elle apparaît dans la lumière.

A la fin du spectacle, images et sons se mêlent avec une intensité croissante, laissant apparaître en transparence le visage de ce père sorti des nuées, jusqu’à ce que le livre se referme sur la naissance de sa fille. Un hommage poignant et très personnel de la chorégraphe à son géniteur et à sa lignée.

Crédit photographique © Thomas Dorn

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