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Les Brahms apolliniens de Geoffroy Couteau et du Quatuor Hermès

Grâce à une intégrale très remarquée de l’œuvre pour piano de Brahms, s’est acquis une place au panthéon des interprètes brahmsiens. Dans la foulée, il enregistre peu à peu un cycle de référence de l’œuvre de chambre avec piano. Plus que des sonates pour violoncelle, belles mais peu marquantes, c’est par les trois quatuors avec piano superbement gravés avec le qu’il réaffirme sa place de brahmsien d’exception.

Après les trios pour piano et cordes et celui avec clarinette, ainsi que le quintette opus 34 (déjà avec le ), Couteau retrouve les mêmes musiciens pour les trois quatuors. L’entente entre les cordes et le piano s’avère admirablement équilibrée d’un bout à l’autre. C’est une lecture lyrique, sereine, quasiment apollinienne que les musiciens donnent de l’exubérant opus 25 qu’on a parfois connu plus débridé, mais qui convient à la perfection à l’immense opus 26, son frère jumeau plus sage et lyrique. Quant au sombre troisième, opus 60, achevé plus tardivement (1875 alors que les deux autre datent de 1855) mais esquissé en même temps que ses aînés, il ressort avec une rare poésie de cette gravure. Et le confirme avec brio sa place parmi les meilleurs ensembles constitués de cette jeune génération ; le premier violon, Omer Bouchez, cède sa place à Elise Liu pour l’opus 60 sans qu’à l’audition la cohésion n’en pâtisse le moins du monde. À l’opposé des versions de solistes (on se souvient notamment de l’éblouissant coffret de Stern, Laredo, Ma et Ax jadis chez Sony), cette version offre ce que la musique de chambre de Brahms peut avoir de plus pur et authentique.

L’album de et regroupe les deux sonates pour violoncelle. Outre son minutage un peu chiche (pourquoi n’avoir pas inclus la transcription de l’opus 78 réalisée par Klengel ?), il s’avère moins homogène, le piano donnant trop souvent l’impression de dominer le celliste, dans deux partitions à l’équilibre toujours vétilleux. On attend désormais les sonates pour clarinette ou alto et celles pour violon, voire l’œuvre pour piano à quatre mains et celle pour deux pianos, et, pourquoi pas, les deux concertos.

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