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Daniel Roth fête l’anniversaire de Louis Vierne à l’orgue de Saint-Sulpice

L’année 2020 a vu les 150 ans de la naissance de , compositeur français et organiste de renommée internationale. aux commandes de l’orgue Cavaillé-Coll de l’église Saint-Sulpice à Paris lui rend un hommage appuyé et instructif.

Une partie de la célébrité de , né à Poitiers en 1870, réside dans le fait qu’il fut pendant 37 ans l’organiste titulaire du grand orgue Aristide Cavaillé-Coll de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Compositeur, il fut largement inspiré par ce lieu unique et son monumental instrument, qui a connu depuis cette époque une évolution significative jusqu’à nos jours, ne correspondant plus à ce que Vierne connut réellement.

À Paris, une grande tribune accueille un autre grand instrument de Cavaillé-Coll, celle de l’église Saint-Sulpice. Aristide Cavaillé-Coll construisit en 1862 un orgue nouveau à partir de celui de François-Henri Clicquot remontant à 1781, dans un esprit de « trait d’union entre l’art ancien et l’art nouveau ». Par chance et grâce à la volonté de tous les organistes titulaires qui se sont succédé depuis, les transformations de l’orgue ont été minimes. Aussi, l’authenticité est telle que cet instrument demeure l’ambassadeur idéal pour interpréter la musique de Vierne, très proche de l’univers sonore du compositeur.

Le programme musical choisi par s’adresse aux deux grands groupes d’œuvres écrits pour l’orgue : les Six symphonies et les 24 pièces de fantaisie. Il rajoute une œuvre extraite des 24 pièces en style libre écrit pour l’harmonium, Élégie, mais qui peut avantageusement sonner à l’orgue. Chacune des dix pièces est préalablement présentée par l’artiste, qui en quelques mots prépare l’auditeur à l’exécution de l’œuvre. Le récital commence par le Prélude en ré mineur de la Symphonie n° 1 op. 14 qui a lui seul résume tout l’art musical et organistique de Louis Vierne. Les sonorités sombres et lointaines s’épaississent peu à peu en un long cortège qui se rapproche et qui peu à peu, une fois passé, disparaît dans une brume dense et mystérieuse. Les chromatismes sont nombreux et les épanchements lyriques soutiennent le discours d’un bout à l’autre. Par la suite, d’autres mouvements de symphonies se succèdent, dont certains pittoresques (Scherzo de la Symphonie n° 2) ou héroïques (Final de la Symphonie n° 4). Les magnifiques Pièces de Fantaisies sont largement représentées au sein d’un choix varié montrant les diverses inspirations du maître de Notre-Dame. On entend tour à tour la virtuose Toccata, l’ingénu Impromptu et le concert s’achève par le célébrissime Carillon de Westminster qui tout au long de sa lente évolution va peu à peu jusqu’à la péroraison, demander toute la puissance de l’orgue.

Le support Blu-ray, outre l’image instructive du jeu de l’organiste et des divers maniements de cette grande machine-orgue, permet de bénéficier d’un son de la meilleure définition possible. La captation de Christoph Martin Frommen apportant un équilibre par rapport aux divers plans sonores de l’instrument est des plus réussies. Un certain recul, agréable et véridique place bien l’orgue dans son univers acoustique réel et apporte un confort d’écoute ainsi qu’un bien-être musical très significatif. L’interprétation de Daniel Roth est inspirée de bout en bout. Il nous a souvent comblés par sa musicalité dans les œuvres de Vierne et ce depuis ses premiers disques. On se souvient d’un très beau vinyle Erato gravé à Saint-Ouen de Rouen en 1972 déjà. La présente production de l’AROSS (Association pour le rayonnement des orgues de Saint-Sulpice) permet de rendre un hommage très mérité à celui qui fut l’un des plus grands organistes de la première partie du XXe siècle, aujourd’hui largement reconnu et joué dans le monde entier.

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