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Une nouvelle production de La Sylphide par le Ballet de l’Opéra de Bordeaux

Fraicheur et juvénilité marquent cette nouvelle production de La Sylphide, dans la version de Bournonville, par le Ballet de l’Opéra national de Bordeaux. Ce spectacle devait initialement être dévoilé en streaming à l’occasion des fêtes de fin d’année ; la captation qui avait été réalisée à des fins d’archivage technique en décembre 2020 a été diffusée sur Facebook en clôture de la Journée de la danse.

La Sylphide est un monument dans l’histoire de la danse. Créé en 1832 — d’après un livret signé du ténor — par le chorégraphe pour sa fille Marie, le ballet connait un succès immédiat et marque les débuts du ballet romantique. Aussi, d’autres artistes ne tardent pas à s’emparer du sujet. Et c’est ainsi qu’en 1836, plus d’un demi-siècle avant Petipa, en donne une nouvelle version sur la musique inédite du compositeur et organiste norvégien, Hermann Severin Løvenskiold. En 1835, ce dernier avait en effet rencontré le chorégraphe danois, maitre de ballet au Théâtre Royal, qui lui commanda la musique de son prochain ballet La Sylphide qu’il avait vu à Paris dans la chorégraphie de Taglioni. Si le compositeur âgé seulement de 21 ans est relativement novice, il donne satisfaction au chorégraphe et la création est un succès.
La version signée Bournonville de La Sylphide est créé le 28 novembre 1836 au Théâtre royal de Copenhague. danse le rôle de James. L’œuvre plus brève (une heure environ) et moins métaphysique que celle de Taglioni, devient rapidement l’une des plus appréciées du Ballet royal ne quittant jamais le répertoire.

Pour cette version, les danseurs du Ballet de l’Opéra National de Bordeaux ont répété avec , l’une des rares spécialistes de Bournonville dans le monde du ballet d’aujourd’hui. De 2009 à 2014 elle dirige l’Académie d’été Bournonville à Biarritz, et est actuellement à la tête de la faculté des séminaires d’été Bournonville à Amsterdam, à Tokyo et aux États-Unis. Elle est également « consultante Bournonville » à la Vaganova Academy de Saint Pétersbourg, et enseigne Bournonville à l’école nationale des arts d’Oslo, à la Hochschule für Musik und Theater de Munich, à l’académie nationale de ballet d’Helsinki, à l’accademia di danza de Rome et à l’English National Ballet School de Londres.

C’est une version qui va comme un gant au Ballet de l’Opéra national de Bordeaux. James, incarné par , est bondissant et léger, en particulier dans sa petite batterie. Expressif, il rivalise de charme avec la Sylphide, dansée par , mutine et délicieuse. Dans le premier acte, danse écossaise et danses de bal au programme, dans une atmosphère rustique et bon enfant. Le décor ressemble à une vaste grange. Près de la cheminée, James somnole et rêve d’une jolie et évanescente jeune fille. Il est réveillé par Effie, amie d’enfance et fiancée désignée, plus réaliste et terre-à-terre que son promis. Effie est dansée par , sur demi-pointes comme toutes ses compagnes. Les costumes dans le parfait style écossais sont charmants.

Le deuxième acte est l’occasion pour les danseuses de la compagnie de monter sur pointes, pour encore plus de légèreté. Les trois Sylphes, puis l’ensemble des sylphides, entourent la protégée de James. Mais l’idylle sera brutalement interrompue par le maléfice jeté par la sorcière. James est impuissant. Jusqu’à son dernier souffle, la Sylphide, alias , est parfaite dans le rôle d’amoureuse. Un joli cadeau que nous fait le Ballet de l’Opéra de Bordeaux pour la Journée nationale de la danse, en espérant que cette production puisse très vite être montrée au public bordelais.

Crédit photographique : © Julien Benhamou /Opéra national de Bordeaux

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