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Sidi Larbi Cherkaoui en quatre duos à La Villette

revient à La Villette avec 4D, un programme original de quatre duos réunis pour la première fois. Un bouquet de surprises émouvantes et sensuelles.

Présenté ici dans une version inédite pour deux filles, Faun, créé en 2009 au Sadler’s Wells pour les danseurs James O’Hara et Daisy Philips, et figurant au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris, irradie de sensualité. Le chorégraphe entrelace la partition de Stravinsky avec des flûtes andines, insufflant mystère et animalité dans cette rencontre furtive entre un faune et une nymphe. L’extrême souplesse des deux jeunes danseuses, leur intimité naturelle, à la limite de l’érotisme, éclaire d’une nouvelle lumière cette version du Faune initialement créé par Nijinski.

Les quatre duos suivants sont liés dans un même dispositif scénique et musical. Matter, Pure, Debt et Sin s’enchaînent dans des registres très différents mais avec le recours à des vidéos projetées sur panneaux mobiles et la présence de musiciens live en fond de scène. Cette astuce sténographique permet de faire un spectacle de duos créés séparément et évoquant des univers très différents.

Matter parle de l’homme objet (au sens propre) sur fond d’allusion à la crise sanitaire et au port du masque. Les deux fantastiques interprètes de ce duo cèdent la place au couple incandescent de Pure, vêtu de blanc et dont le corps à corps intense se teinte peu à peu de l’encre de Chine tendue par un artiste japonais présent en fond de scène.

C’est ensuite une projection dans le monde de la finance que propose Debt, un duo qui se transforme en fable économique et morale. La vidéo est support au cours de bourse et aux images de guerres technologiques qui nous entraîne vers l’ultime duo, Sin. Combat entre le bien et le mal incarné par un homme vite vaincu et la tentatrice qu’il enserre dans ses bras musclés et vipérins. Extrême souplesse, là encore, pour cette interprète, mais l’impression que laisse la danse est plus brouillonne, moins maîtrisée.

Malgré le début éblouissant et lumineux de Faun, le spectacle laisse une impression mitigée. L’assemblage disparate de ces duos ne révèle par d’ambition ou de dessein chorégraphique très lisible.

Crédits photographiques : © Koen Broos

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