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Vers la lumière, Visions du Conservatoire de Paris

Architecture, musique et photographie – de – se mêlent dans ce livre consacré au .

Photographe officiel du Conservatoire de Paris depuis 2011, , également architecte de formation, a posé son regard sur le bâtiment de , à l’occasion des 30 ans du déménagement de l’institution de la rue de Madrid à La Villette. Publié par les éditions du Conservatoire, l’ouvrage est un livre de photographies, mais pas que.

« Vers la lumière » : il est en effet beaucoup question de fenêtres dans ce livre. Dès la couverture découpée en quatre petits carreaux qui laissent voir des artistes exerçant leur art, puis dans les photographies elles-mêmes, où il s’agit d’échappées, de portes ouvertes, de travées, de passerelles et couloirs qui donnent à voir et renvoient de superbes reflets de lumière. Visions aussi des élèves dans les salles de danse ou d’étude, à la bibliothèque, des danseurs et musiciens sur scène et aussi du dôme de la salle d’orgue et son grand orgue Rieger. Jeux de lignes, courbes et perspectives, en couleur ou en noir et blanc mettent en valeur le bâtiment dont l’extérieur et l’intérieur se rejoignent pour ne former qu’un, laissant entrevoir des ciels azurs par les baies et les trouées. Le pari du Conservatoire était de « créer un espace de lumière et de rencontre », il semble réussi à la vue de ces images. Il est toutefois dommage de ne trouver aucune légende pour ces photographies.

Dans l’introduction, , directeur de 2010 à 2019, parle de sa rencontre coup de foudre avec le lieu, « il y a du Bernin chez Portzamparc ». Il est saisi immédiatement par l’impression de mouvement perpétuel qui se dégage du bâtiment où flux et développements se côtoient pour abriter la musique et offrir un cadre à la fois rassurant et foisonnant. La responsable des éditions, Anne Roubet, présente une synthèse des propos de Portzamparc sur sa démarche, sur le lien entre musique et architecture, la façon dont l’architecte appréhende l’espace et va faire le choix de la lumière, de bout en bout, se souvenant d’un petit rat qui lui avait dit regretter les couloirs sombres de l’opéra. Textes, croquis et photographies de maquettes présentent les sources du projet de la main de Portzamparc. Puis s’ouvre le chapitre central et principal, celui de la rencontre entre le photographe et l’architecte, le premier questionnant le second sur ces choix. Un entretien tout à fait passionnant où on apprend le pourquoi du comment du geste architectural. Y sont évoquées les nombreuses références. Il y est question de syndrome de Stendhal, de cloître, de bassins, de la connexion entre les parties du bâtiment…et de musique bien sûr. Ferrante Ferranti présente ensuite cette mission alliant travail et passion, vingt-cinq ans après sa formation artistique, avant une conclusion d’, l’actuelle directrice de l’établissement.

Un bel hommage à ce bâtiment qui intéressera les habitués des lieux, qui les verront à coup sûr avec un nouveau regard, et les autres qui auront à cœur de l’approcher de plus près.

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