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L’ensemble Calliopée joue Graciane Finzi

Cet album monographique réunissant sept pièces de musique de chambre couvrant 35 de création est le fruit d’une rencontre de la compositrice avec l’. Mémoire oubliée a été composée en 2019 à leur attention.

Du charme et du galbe dans les mélodies, de la suavité dans les harmonies et une once de nostalgie participent de la séduction de Mémoire oubliée ou l’art du mouvement d’Isadora Duncan, un sextuor aux lignes sensuelles regardant vers la valse et le blues. Sensible et libre, la musique de traverse les affects, balançant entre sursaut de révolte et lamento dans Moments interrompus, une pièce saisissante sous les archets de (alto) et (violon), écrite en hommage aux victimes de Fukushima. Une « malinconia intimissima » pénètre Et si tout recommençait (2003) dont le violon à fleur de cordes, sous les grappes d’accords colorées du piano, approche délicatement le mystère et la profondeur.

9’30 (1994) découvre une autre facette de l’écriture, plus facétieuse et théâtrale : c’est une friction sonore entre clarinette basse (Carjez Gerretsen) et violoncelle (Florent Audibert). Le jeu d’ombre double (slap contre « pizz Bartok ») ne va pas sans fantaisie, ménageant à la clarinette basse de superbes apartés solistes. L’humour s’exerce également et le plaisir non dissimulé de jouer avec la ductilité des cordes dans Free Quartet dont la liberté de ton et de facture regardent vers le free jazz. La pièce est ancienne (1984) mais on note déjà cette manière singulière de terminer une œuvre (sursaut de dernière minute) présente dans bon nombre de pièces de l’album. Tonique également et bartokienne en diable, la Fantaisie Toccata pour piano à quatre mains (Maria Perrotta et Xénia Maliarévitch) se gorge d’énergie et pousse l’intensité et la résonance du piano jusqu’aux limites de ses capacités.

Océan Mer aborde encore d’autres rivages et nous invite à prendre le large; c’est une sorte de mélologue faisant appel à six textes de poètes différents, Richepin, Marbeuf, Corbière, Rimbaud, Verlaine et Hugo. En fine dramaturge, Finzi sollicite le jeu et la voix des instrumentistes (flûte et trio à cordes), des voix qui s’inscrivent dans les tempi et l’écriture rythmique de chacune de ces marines. , , et sont d’incroyables « diseurs » autant que de merveilleux instrumentistes.

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