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Fix me, le set explosif d’Arnaud Rebotini pour Alban Richard

Sur un set explosif du compositeur , décrypte dans Fix Me nos vanités contemporaines. Acide et joyeusement techno.

C’est en décortiquant les attitudes corporelles et le langage gestuel des grandes prêcheuses américaines que a construit son corpus de mouvement chorégraphique pour Fix me, un spectacle créé en 2018 et repris au 104 dans le cadre du Festival Séquence Danse. Chacun des quatre interprètes décline à sa façon ce corpus, incarnant une passionaria, une égérie ou une gourou. Isolés sur une pile de plaques de carton ondulé, ils sont comme ces prostituées juchées sur des tabourets dans des vitrines aux ampoules rougies à Amsterdam.

Leur univers est mouvant, instable, puisque ces plaques ne cessent d’être déplacées. Podium de pacotille ou piédestal de papier, ces piles servent de faire valoir. Contraste entre la pauvreté du matériau et le clinquant des costumes, entre la fragilité du carton et la richesse de la composition musicale.

Le spectacle se termine en concert soyeux, sur un plateau hérissé de drapeaux noirs flottants, d’où se détache un chanteur danseur pour un final inspiré et apocalyptique. C’est grandiose. Alban Richard veille toujours à proposer une adéquation parfaite entre musique et écriture chorégraphique. Le spectacle, magistral, est surtout du côté des claviers, des boîtes à rythme et des synthés d’. Un concert effaçant peu à peu tout l’intérêt de la danse, incapable de lutter.

Crédits photographiques © Agathe Poupeney

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