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Le Quatuor Tchalik somptueux dans les deux Quatuors à cordes de Saint-Saëns

Les quatuors à cordes de ont su gagner leur place dans ce répertoire opulent. Le apporte une contribution intéressante à une discographie déjà étoffée et qualitative.

La discographie des quatuors de offre donc un choix assez abondant d'enregistrements réussis parmi lesquels on pourrait retenir – puisqu'il faut choisir – les prestations des Quatuors Medici (Koch, 1997), Modigliani (Mirare, 2013), Fine Arts (Naxos, 2011), Girard (B-Records, 2018), Joachim (Calliope, 2006).

Le , formation franco-russe, en activité depuis 2013, composé de quatre frères et sœurs, a remporté le premier prix du Concours Mozart de Salzbourg en 2018. Cet enregistrement réalisé en janvier 2021 et consacré à confirme l'unité, l'enthousiasme et la qualité interprétative du jeune quatuor.

Leur jeu repose sur le respect du texte, mais au-delà, sur une lecture ouverte concrétisée par une ample respiration et une grande homogénéité, tant au niveau des timbres que de la restitution de climats séduisants.

Œuvres tardives puisqu'écrites par Saint-Saëns respectivement à l'âge de 69 ans et 73 ans, elles véhiculent l'immense expérience créatrice du grand maître du classicisme français. Le Quatuor n° 1 en mi mineur, composé en 1899, dédié au célèbre violoniste Eugène Ysaÿe, appartient sans conteste à la grande tradition romantique du quatuor germanique dont les origines font appel, entre autres, à Beethoven, Mendelssohn, Schumann, sources que l'on détecte aisément dans les quatre mouvements qui le constituent. Le Quatuor n° 2 en sol majeur daté de 1918, en trois mouvements, se rapproche de la manière de Joseph Haydn pour son esprit mais également d'une certaine modernité toute maîtrisée.

Le jeu des Tchalik se caractérise par une fougue indéniable mais également par une énergie toujours circonscrite dans l'équilibre, le brillant et l'intensité. Ces caractères majeurs s'avèrent particulièrement saillants dans l'Allegro – più allegro de l'opus 112, ainsi que dans l'Allegro animato de l'opus 153. Les mouvements Adagio offrent une grande distinction, un recueil digne mais à aucun moment ne versent dans le pathétique. Le discours mené par les Tchalik, quasiment ininterrompu, intense et vigoureux, conserve de part en part un allant et une verve remarquables.

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